Les chalands reviennent dans le centre

La rue de Brabant reste un axe très important pour le commerce avec un rayonnement international.
La rue de Brabant reste un axe très important pour le commerce avec un rayonnement international. - Dominique Duchesnes.

L e baromètre d’Atrium est un outil indispensable pour les politiques à l’échelle locale comme régionale mais aussi pour les investisseurs dans le commerce. A présent, il est interactif et les décideurs peuvent demander des analyses plus approfondies s’ils le désirent. Il faut travailler en binôme entre Atrium et les communes. » Didier Gosuin (Défi), ministre de l’Economie et de l’Emploi, aimerait encore plus de collaboration avec les communes pour aider les commerçants, ce qui permettrait la création d’emplois. Evidemment, le baromètre d’Atrium, l’agence régionale pour le commerce, est l’outil majeur et objectif qui mesure les flux piétonniers dans un quartier.

Ces comptages sont toujours effectués de manière manuelle mais des contacts ont été pris avec les opérateurs télécoms pour pouvoir bénéficier de techniques plus modernes. Mais comme pour le moment Atrium utilise toujours la même méthode, cela permet aussi de dégager des tendances sur les cinq dernières années.

Pour le baromètre 2018, en tout cas, la championne de la fréquentation en nombre de piétons reste la rue Neuve avec 46.586 chalands quotidiens. Ensuite, on retrouve la chaussée d’Ixelles et ses 30.411 personnes puis le boulevard Anspach (30.273 passants), la rue de la Colline (26.516) et la rue des Fripiers (25.063). La rue de Brabant arrive juste derrière avec 21.194 piétons. « Nous voyons que le centre-ville, et plus particulièrement le bas de la ville reste le cœur commerçant de la Région bruxelloise, commente Julien Bacq, directeur retail et développement d’Atrium. Nous avons toujours en centre coupé en deux mais il ne faut pas oublier l’attractivité de la rue de Brabant. »

« Le boulevard Lemonnier, une priorité »

Si on classe par ordre croissant les quartiers commerçants en comptant leur point de comptage le plus fort, on obtient en première position la rue Neuve puis le haut de la ville, les boulevards du centre, la Grand-Place, Molenbeek centre, Brabant, rue du Luxembourg, Tongres, Madou et Cureghem. « La rue du Luxembourg est tout de même atypique, ajoute Julien Bacq. En effet, le quartier européen peut être très haut dans nos comptages à certains moments et très bas à d’autres. Cela reste encore un quartier très marqué par le rythme des institutions. »

Atrium aime aussi lisser les données afin d’obtenir des tendances sur les cinq dernières années. Ce sont ces critères qui sont spécifiquement intéressants pour les investisseurs et les élus. De manière très générale, les périodes de chantier se marquent très clairement dans les flux piétonniers mesurés par Atrium. Si on prend l’avenue Brugmann, au niveau de la place Vanderkindere, on constate une progression de +42,7 % sur les cinq dernières années. A la période du chantier, la fréquentation baisse et remonte ensuite pour retrouver un niveau correct. « Cela démontre qu’il faut aider les commerces durant ces périodes, conclut Didier Gosuin. Le boulevard Lemonnier sera une de nos priorités. »

 

Le Pentagone : le même nombre de piétons sur les boulevards centraux

Grâce aux tendances sur cinq ans, Atrium peut voir que la piétonnisation des boulevards du centre n’a pas modifié le nombre de personnes circulant sur le boulevard Anspach. Les données sont stables. Cela signifie aussi que le piétonnier n’est pas un but de promenade, une attraction pour le Bruxellois mais il ne pénalise pas la fréquentation.

Avec la rénovation de la rue Neuve, du City 2 et l’aménagement définitif des boulevards du centre, Atrium pense que le quartier pourrait voir sa fréquentation fortement augmenter. Cependant, il faut rester attentif au piétonnier du côté de la place Fontainas puisqu’on voit la baisse du flux piéton au niveau du boulevard Lemonnier. Cela risque même de s’accentuer avec le chantier du métro et la création de la station de métro Constitution. Après les travaux, cela pourra être un avantage pour les enseignes mais il faudra traverser cette période.

 

Marolles/Sablon : une diminution quasi constante

Contrairement à l’idée qu’on pourrait avoir, le quartier des Marolles connaît une diminution de sa fréquentation depuis 5 ans. La rue Blaes enregistre une évolution structurelle de -13,78 %, la rue des Renards de -10.23 %. Seule la rue Haute conserve sa fréquentation avec une hausse de 5,53 %. Par contre, ce n’est pas parce que les passants sont moins nombreux que les commerçants se plaignent car il faudrait une autre étude pour voir si les gens qui viennent achètent plus ou non.

Idem du côté du Sablon. Depuis quelques années, les commerçants se plaignent d’une diminution de la fréquentation. En réalité, elle est assez stable. Cependant, cela signifie que les diverses initiatives menées par la Ville de Bruxelles comme l’installation d’un marché gourmand le jeudi soir, n’atteint pas complètement son but, son mérite étant d’enrayer la chute. Aujourd’hui, certaines cellules commerciales sont toujours vides.

 

Haut de la ville : avenue de la Toison d’or et chaussée d’Ixelles à surveiller

Après avoir connu une régression, la chaussée d’Ixelles et le quartier de la Porte de Namur semblent se relever en 2017. On note tout de même sur les 5 dernières années, une baisse de 8 % pour la chaussée d’Ixelles et la chaussée de Wavre.

Les passages se sont aussi répartis différemment à cause de l’installation des commerces dans l’ancienne dent creuse entre Louise et la Porte de Namur. L’avenue de la Toison d’or connaît une augmentation de 8 % mais le goulet Louise enregistre une baisse de près de 10 %.

Il faudra dans l’avenir être très attentif aux commerces de la chaussée d’Ixelles qui va connaître d’importants travaux. Actuellement, le chantier de l’ancien siège de Solvay perturbe déjà fortement la fréquentation. Les travaux de voirie représenteront aussi un frein.

 

Laeken : des investissements à effectuer

A Laeken, les évolutions tendancielles sont dans l’ensemble assez préoccupantes, surtout pour l’avenue Houba de Strooper (-31,46 %) et la rue Fransman (-11,42 %). La rue Marie-Christine, pourtant un fleuron du commerce dans le passé, voit sa fréquentation diminuer de 18,69 %. Cette baisse du flux piéton est enregistrée depuis 2011 mais rien ne semble l’enrayer. Il s’agit donc d’une baisse structurelle qui peut s’expliquer par les départs et la baisse de la qualité des enseignes présentes. Pour l’avenue Houba de Strooper, Atrium pense que les investisseurs n’osent pas s’y installer puisqu’ils ne savent pas encore comment sera réaménagé le plateau du Heysel. De plus, la période de chantier sera très longue et la construction d’un centre commercial ne rassure pas les petites structures. La Ville de Bruxelles aurait ainsi intérêt à multiplier les investissements publics pour tenter de redresser le quartier.

 
 
 
 
 
 

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