Dalí en duplex chez Millon
C’est le 7 décembre prochain que la salle française ayant désormais pignon sur rue à Bruxelles vendra cette collection exceptionnelle composée de livres rares, de portfolio, de sculptures et de photographies de l’artiste surréaliste le plus célèbre et le plus populaire. Il n’y aura pas de peintures mais un bel échantillon de gravures et d’estampes.
De Lautréamont à Char
Parmi les trésors de cette collection unique, on ne manquera pas cet exemplaire de l’édition illustrée par Dalí des Chants de Maldoror d’Isidore Ducasse dit comte de Lautréamont. Cet exemplaire de tête avec suite est signé au crayon « Salvador Dalí » et enrichi d’une lettre et d’une carte postale de Dalí à l’éditeur Albert Skira. Sur la lettre, Dalí a contrecollé une coupure de presse mentionnant qu’après l’illustration des Métamorphoses d’Ovide par Picasso, Dalí illustre les Chants de Maldoror… On retrouve ici toute la modestie de cet homme qui déclarait : « A 6 ans, je voulais être cuisinière. A 7 ans, Napoléon. Depuis, mon ambition n’a cessé de croître comme ma folie des grandeurs. » L’ouvrage paru dans les années 1868-69 est considéré comme précurseur du surréalisme. Cet exemplaire qui présente en outre une belle reliure en plein box noir à décor géométrique due à Georges Leroux porte une estimation de 120-150.000 euros.
Un autre grand moment de la vente sera cette suite de la Divine Comédie, un ensemble exceptionnel d’estampes, sans texte, de 1964, numéroté nºII/III. Cet ensemble est complet – cent planches, toutes signées par Dalí (estimation autour des 15-20.000 euros). Les bois gravés sont signés en rouge (enfer) violet (purgatoire) et bleu (paradis) et il semble que Dalí ait signé ses suites en partie à l’hôtel San Régis, en partie à la FAR Gallery à New York.
D’autres gravures moins coûteuses ainsi qu’une quarantaine de photographies du génie espagnol figurent au sommaire de la vacation.
Parmi elles, Le cours naturel de Paul Eluard, enrichi d’une eau-forte de Dali, comportant un autographe de Paul Eluard à Louis Broder et repris dans une magnifique reliure plein maroquin noir décoré par Thérèse Moncey (édition originale, Paris, 1938, 25-30.000 euros).
On note encore une gravure de Dali pour Le revolver à cheveux blancs d’André Breton (Paris, 1932, 15-20.000 euros) et une autre pour Artine, le recueil poétique de René Char imprimé à Paris en 1930, exemplaire signé tiré sur Ingres vert, rose et bleu et portant un autographe de René Char à Robert Valançay, (estimation 20-25.000 euros). Dans les photos pour la plupart noir et blanc, on retrouve l’artiste qui se laisse volontiers photographier, seul ou accompagné de Gala ou d’Amanda Lear, parfois sérieux parfois grimaçant, dans des postures amusantes ou originales. On compte également pas mal de photos anecdotiques des années 60-70. Tout y est surréaliste, à l’exception des prix qui ne sont toutefois pas d’office exorbitants !
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vente le 7 décembre 2012, Hôtel Drouot, salle 4.
Exposition Dalí à Beaubourg (Paris) du 21/11/12 au 25/03/13.


