Les élèves de Tournai en colère

Sandra Durieux
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Les élèves de l’Athénée Campin à Tournai ont manifesté mardi le long du boulevard des Nerviens. Jeudi, trois de leurs condisciples ont été renversés en traversant ce boulevard dangereux. Les jeunes demandent plus de sécurité.

  • L’accident a créé l’émoi au sein de l’athénée. Mardi, la manifestation a ralenti la circulation sur le boulevard des Nerviens. © coralie CardoN.
    L’accident a créé l’émoi au sein de l’athénée. Mardi, la manifestation a ralenti la circulation sur le boulevard des Nerviens. © coralie CardoN.

Et si c’était vous ? » La pancarte qu’Anthony tient à bout de bras ne peut échapper aux automobilistes qui avancent au ralenti sur le boulevard des Nerviens à Tournai. Élève en cinquième année à l’Athénée Campin, il est dans la classe d’un des trois jeunes fauchés jeudi soir sur ce maudit passage piéton qui traverse les quatre bandes du boulevard. Comme plusieurs centaines de ses camarades venus de l’athénée mais aussi d’autres écoles de Tournai, il a tenu à être là ce mardi à la manifestation organisée par les copains de classe de Nathan, Madeleine et Damien grièvement blessés et toujours hospitalisés. « Je suis passé là, cinq minutes avant eux, confie Anthony. Ce passage était bien connu pour être dangereux particulièrement quand il fait noir. »

L’accident a créé l’émoi au sein de l’athénée. « Dans la nuit même de l’accident, trois jeunes ont créé une page spéciale sur Facebook en soutien à leurs copains, explique Annick Bratun, préfète de l’Athénée. Dès le lendemain, ils ont exprimé le souhait d’organiser quelque chose et notamment une manifestation pour protester contre le manque de sécurité pour ce passage en particulier mais aussi de manière générale pour les piétons à Tournai. Nous les avons soutenus dans leur démarche car ce problème était connu et c’est ce qui est révoltant dans ce cas-ci. »

Michel Leclercq, échevin de la Mobilité sortant confirme que le passage pour piétons était réputé pour être dangereux. « Mais la commune est impuissante car ce boulevard est du ressort du SPW (NDLR : service d’aménagement du territoire de la Région wallonne), explique-t-il. On fait des dossiers, on téléphone, on envoie des mails… mais rien n’avance, on nous rétorque qu’il s’agit d’une question de budget. »

Jean-Claude Leclercq, directeur de l’institut Saint-André en sait quelque chose : cela fait quatorze mois qu’il attend que le passage piéton qui traverse une chaussée devant son école soit sécurisé. « Soit 682 élèves potentiellement en danger, dit-il. Faudra qu’on explique pourquoi on parvient à dégager des sommes importantes pour le Tour de France en quelques mois et qu’on ne parvient pas à trouver un peu d’argent pour quelques passages piétons. »

Durant plus d’une heure, les manifestants ont ralenti la circulation sur le boulevard des Nerviens, distribuant des tracts aux automobilistes, scandant des slogans et surtout en brandissant des pancartes. Sur l’une d’entre elle, on pouvait apercevoir les photos de Madeleine, Nathan et Damien. « Cette mobilisation leur fait chaud au cœur, confie Axel Pio, un des camarades de classe qui a organisé l’événement. On espère surtout que cela servira à faire prendre conscience aux autorités responsables qu’il faut agir. » L’athénée Campin s’est engagé à porter le dossier jusqu’au SPW s’il le fallait…