Pluie de fientes d’étourneaux dans les rues de Liège
Ces dernières semaines, certains trottoirs de la ville ont été recouverts de fientes d’oiseaux. La faute aux étourneaux, qui élisent domicile à Liège durant leur migration. Le problème ne date pas d’hier…
Vous vous promenez dans la rue lorsque, soudain, votre pied dérape sur une substance visqueuse. Non di dju ! Encore une crotte de chien qui orne le pavé ? Que nenni. La substance en question n’est pas brunâtre et se révèle un rien moins odorante. Une fiente d’oiseau !
N’accusez pas trop vite les pigeons. Ce sont les étourneaux, les vrais coupables. Allez savoir pourquoi, ces êtres ailés semblent avoir élu domicile à certains endroits de la ville, tapissant les trottoirs d’une fort peu saillante pellicule blanchâtre. En particulier aux abords de l’Opéra, qui, ces derniers jours, donne l’impression d’avoir été victimes d’une attaque d’excréments, au grand dam des passants.
Ils ne pourraient pas s’abstenir, ces espèces de volatiles incontinents ? Le souci, c’est que ceux-ci aiment vivre en groupe. En très grands groupes. « On retrouve parfois des dortoirs d’un ou deux millions d’étourneaux », décrit Antoine Derouaux, ornithologue chez Aves-Natagora, l’association de protection de la nature.
Or, une déjection, passe encore. Mais multipliée par quelques centaines, milliers voire plus, cela peut vite donner l’impression qu’il a neigé sur Liège. « À la tombée du jour, poursuit le spécialiste, ils aiment se percher en hauteur car ils s’y sentent en sécurité. Sur des pylônes, des arbres… Ils y passent la nuit puis se dispersent. »
Si la pluie de fientes semble se faire plus drue ces derniers temps, c’est parce que les mois d’octobre et de novembre sont ceux de la migration. « Ils s’arrêtent en ville car celle-ci leur offre trois choses : un abri contre les prédateurs, plus de chaleur que dans les campagnes et plus de lumière, ce qui les effraye moins. »
Bref, les étourneaux se plaisent à Liège. Mais ils ne plaisent pas à Liège qui subit leurs assauts depuis de nombreuses années. « Nous savons qu’il y a un dortoir important près de l’Opéra, reconnaît Vincent Lesage, conseiller au sein de l’échevinat de l’Environnement. Mais le problème est aujourd’hui beaucoup moins aigu qu’il y a quelques années. »
Par le passé, les services communaux ont utilisé les grands moyens en diffusant près des groupes d’oiseaux des enregistrements des cris de prédateurs. La méthode « douce » pour les déloger. Il paraît que l’on peut aussi utiliser des canons à air comprimé. Efficace, mais assez bruyant. Pas sûr que les riverains y gagnent au change.
Mais cette année, le recours à cette technique du prédateur n’est pas (encore) envisagé. « Actuellement, il n’y a pas beaucoup de nuisances, estime Vincent Lesage. Il y a relativement peu d’habitations près de l’Opéra, mais beaucoup de bureaux. Et nous n’avons pas reçu de plaintes. Si on les chasse, on risque de les envoyer quelque part où ils causeront encore plus d’ennuis… »
Les étourneaux devraient encore continuer à déféquer en toute tranquillité sur les trottoirs liégeois. Au moins jusqu’à la fin de la période des migrations. Ouf ! Le mois de novembre s’achève. En attendant, sortez couverts.







