Citoyens au secours de Bastogne
Echanges verbaux violents entre politiques et citoyens mardi soir à Bertrix lors de l’assemblée générale de Vivalia. Venus de la région de Bastogne ces citoyens voulaient empêcher une décision qui n’était pas à l’ordre du jour : la fermeture de « leur » hôpital.
Dites : “Je m’engage à défendre l’hôpital de Bastogne jusqu’au bout des ongles”. Si vous ne le dites pas, vous ne passerez pas ! » Solange Gengoux donne de la voix ! Originaire de Vaux-sur-Sûre, elle a pris la tête d’une manifestation de soutien à l’hôpital de Bastogne. Mardi soir, ils étaient 150 environ, citoyens ordinaires pour la plupart, a avoir rallié La Clairière à Bertrix où devait se tenir l’assemblée générale de Vivalia.
Objectif : empêcher les administrateurs d’approuver un plan qui entérinerait la fermeture de Bastogne. Faux ! Il n’y a rien de tel à l’ordre de jour. Benoît Piedbœuf (MR), Jean-Marie Carrier (PS), Roland Déom (CDH), pour ne citer qu’eux, mais aussi le directeur Yves Bernard, ont fort à faire pour tenter de démontrer le contraire. Benoît Piedbœuf : « Qui a dit qu’on allait fermer Bastogne ? Certains vous racontent des âneries ! » Son interlocutrice, plutôt remontée : « Je n’ai peut-être pas fait beaucoup d’études, mais arrêtez de nous prendre pour des cons, vous allez le décider ce soir ! Vous savez quoi, je vous souhaite d’avoir un jour un bel accident à Bastogne ! » Un autre : « Bien sûr qu’on va fermer Bastogne, même les médecins le disent à tout le monde ! »
Jean-Marie Carrier, président de Vivalia, a fort à faire lui aussi. Il tente : « Vous savez, dans les conditions économiques actuelles, aucun site n’a son avenir garanti ». Traduction : « Vous venez de dire : “parce que nous sommes en zone rurale nous sommes tous menacés de fermeture”. Vous ne nous soutenez pas ! Vous voulez être lynché ou quoi ? »
Et puis le sommet : « L’hôpital est plein tous les jours et vous dites qu’il est en déficit ? Qu’est-ce que vous faites des sous ? Et puis, qu’est-ce que ça vous regarde l’avenir de cet hôpital ? Laissez faire les médecins ! »
Quarante-cinq minutes de palabres plus tard, le directeur Yves Bernard prendra l’initiative qui sauvera l’assemblée générale. Les leaders de la manifestation seront invités à s’exprimer devant les quelques dizaines d’administrateurs. Mais chacun gardera ses certitudes. Pour le public, celle qu’on ne leur dit pas tout. Pour le politique, celle que le plus dur viendra au printemps prochain lorsqu’il devra valider le plan Vivalia 2025 réorganisant fondamentalement l’offre de soins.


