Aujourd’hui, la moindre idée peut être développée en business

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Pourquoi cet engouement pour le statut de starter ?

Olivier Kahn : « Outre les incitants économiques mis en place par le gouvernement fédéral, c’est le monde des entreprises qui a besoin de ces petites structures, flexibles, capables de s’adapter au monde qui change, mais surtout qui ciblent les résultats plutôt que les moyens. En 2016, la Belgique a vu 60.000 entreprises se créer et se félicite de pouvoir comptabiliser moins de 10.000 faillites. C’est un mouvement qui va profondément modifier le monde du travail. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, l’étudiant qui nourrit une bonne idée pour, par exemple, son travail de fin d’études, pourra prendre le statut d’entrepreneur. Idem pour le pensionné. On facilite l’accès à l’entrepreneuriat. »

Quels sont les risques encourus par celui qui souhaite se lancer ?

O.K. : « Je dirais qu’ils sont de trois ordres. Le premier est psychologique. Les écueils sont nombreux et il faut pouvoir les surmonter sans défaillir. Le deuxième est bien évidemment financier. Que ce soit sur fonds propres ou à l’aide de financements divers et variés comme les prêts bancaires ou le crowdfunding, être starter, c’est prendre des engagements financiers. Enfin, le troisième se joue sur un plan personnel. Être starter, c’est être à 100 % dans son business. Concilier cette aventure avec celle d’une famille, par exemple, n’est pas toujours simple. »

Pourquoi devient-on starter ?

O.K. : « Ne nous mentons pas… Nous ne sommes pas dans un esprit américain où l’on crée sa société pour faire vivre un buzz avant de se lancer dans autre chose et ainsi de suite. Les starters sont, dans une majorité de cas, des gens qui cherchent à se créer un revenu, qui font vivre leur société, mais qui n’ont aucune intention de devenir une multinationale à moyen terme. Certes, il en existe qui ont envie de grandir. À ceux-là, je conseille toujours de rester dans leur core business et de développer leur idée en fonction des changements initiés par leur cible. On est, en Belgique mais aussi dans une grande partie de l’Europe, attaché à ses compétences. On aime faire ce que l’on fait bien. »

À qui déconseilleriez-vous le statut de starter ?

O.K. : « Les personnes qui montrent des faiblesses, physiques ou mentales, ne doivent certainement pas opter pour ce statut. Elles ne pourraient traverser les défis qui ne manqueront pas de se dresser devant elles. Il faut aussi se poser des questions quant à la capacité que l’on a à voir son environnement social être bouleversé. J’ai énormément d’entrepreneurs qui m’expliquent avoir perdu femme et amis parce qu’ils ne parvenaient plus à concilier vie professionnelle et vie privée. Enfin, si vous n’aimez pas prendre des risques, il est sans doute préférable de rester employé dans une plus grande entreprise. Le starter est un entrepreneur et dans la définition même de ce statut on retrouve une part de risques. Il faut en être conscient avant de se lancer pour ne pas en payer les pots cassés. »

Et à qui le conseillez-vous ?

O.K. : « Mais à tout le monde ! Aujourd’hui, le monde se construit sur des compétences, pas sur des diplômes. Quel que soit votre âge, si vous pensez avoir la bonne idée, structurez-la sans attendre, lancez-la et tentez de la faire vivre. Rappelez-vous aussi que vous avez le droit à l’erreur et que si vous vous faites correctement accompagner, vous pouvez à tout le moins limiter les risques financiers. »

Par où commencer ?

O.K. : « Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, la moindre idée peut être développée en business. N’hésitez pas des mois au risque de vous voir ‘voler’ votre idée. Créez un business plan flash, faites-le valider par un professionnel du chiffre et retroussez-vous les manches. On a rarement vu un starter réussir en ne faisant rien. »

100 questions – 101 réponses pour starters

Expert fiscal de formation, Olivier Kahn a toujours eu à cœur de transmettre aux autres. Fort de nombreuses rencontres, il connaît les écueils, mais aussi les facteurs de réussite d’une entreprise. Il vient de publier 100 questions – 101 réponses pour starters. Objectif de cet ouvrage : offrir aux gens qui ont une bonne idée mais pas la bonne structure pour la mettre en œuvre, les moyens d’avancer, de croître et de rencontrer une forme de satisfaction personnelle. Plus d’infos : www.clicstarter.be