Et quid du contournement de Couvin ?
Le contournement de Couvin n’est plus soutenu par le DAR, le décret d’autorisation régionale. Les opposants ont donc à nouveau accès aux recours... En réponse, le comité de soutien du contournement se dit prêt à se reformer.
Le sujet fait débat dans la région couvinoise. L’invalidation du décret d’autorisation régionale (le DAR) pourrait remettre en cause le contournement de Couvin : des travaux titanesques soutenus par ce décret. Conséquence ? Les recours sont à nouveau possibles.
« Alors que les travaux, appuyés par 95 % de la population couvinoise, ont commencé de manière significative. Leur arrêt provoquerait un tollé général », assure Vincent Delire, président du comité de soutien au contournement de Couvin et conseiller communal (PS).
Lui et son groupe se disent prêts à remonter aux barricades à la moindre incartade d’un éventuel requérant. « Ce qui me semble improbable. Mais nous n’hésiterons pas à jeter la responsabilité aux plaignants si un nouvel accident se produit là où les camions passent actuellement. »
Mais qui pourrait encore s’opposer alors que les expropriations ont déjà eu lieu ? « Lors de rencontres, les familles opposées au dossier se sont engagées à laisser avancer le projet. Cependant, j’ai entendu qu’un nouveau propriétaire du sud couvinois se serait aperçu d’un préjudice et voudrait faire un recours… » Et pourtant Vincent Delire se dit serein.
« Nous resterons vigilants malgré tout. Qui plus est, le mayeur est prêt à ressortir l’ordonnance de police qui a longtemps dévié les camions. Ensuite, du côté français, les travaux avancent bien. Il y aura aussi une pression de ce côté. Et il n’est pas sûr que les Ecolos locaux veuillent agir. » Voilà qui est dit.
Seul un avis officiel du cabinet ministériel responsable du projet pourrait trancher la question. Au cabinet de Philippe Henry, ministre de l’Aménagement du territoire, on clarifie la réalité du dossier : « Difficile de dire si le projet est menacé », confie Pierre Castelain, porte-parole. Ce dernier tient à préciser que « légalement, les différents permis visés par le DAR sont effectifs et ne sont pas remis en cause. Seul le recours est à nouveau possible au Conseil d’État ». Le dossier du contournement de Couvin fait tout de même office d’exception par rapport aux projets collés au DAR. « Il n’a pas été “DARifié” comme les autres. Son permis a été délivré normalement. Par contre, il a été intégré dans les textes reprenant l’ensemble des travaux compris dans le DAR. Nous devons analyser cela avec des juristes. Dans le pire des cas, il faudrait corriger le permis. »


