Le travail adapté résiste à la crise

Bruno Deheneffe
Mis en ligne

ENGHIEN L'atelier protégé s'est spécialisé dans le conditionnement. Colruyt figure parmi ses principaux clients. A l'etroit, l'ETA vient d'acquérir un nouveau hall de stockage. Elle occupe aujourd'hui 80 personnes moins valides.

  • <p>L'entreprise de travail adapté d'Enghien s'est spécialisée dans le conditionnement.© Coralie Cardon</p>

    L'entreprise de travail adapté d'Enghien s'est spécialisée dans le conditionnement.© Coralie Cardon

A l’époque où Patrick Godart a repris les commandes de l’entreprise de travail adapté d’Enghien, celle-ci occupait 33 personnes moins valides. Un effectif qui, en l’espace de 20 ans, a quasi triplé. Voilà un bel exemple d’insertion des personnes handicapées alors que la journée internationale du 3 décembre 2012 vient de leur être consacrée.

Implanté depuis 1993 au sein de la zone industrielle de la cité d’Arenberg, ce florissant atelier protégé emploie désormais 80 travailleurs. « Je dis toujours qu’après l’administration communale, nous sommes la plus importante PME de l’entité », se réjouit le directeur.

Depuis sa création dans les années 60, la société a considérablement diversifié son offre et s’est spécialisée dans le conditionnement, un secteur très porteur. « L’emballage représente 95 % de nos activités », confirme Patrick Godart. Colruyt figure parmi ses principaux clients et fait appel quotidiennement à une vingtaine d’ouvriers handicapés : « Chaque jour, ces derniers mettent sous film plastifié 20.000 produits rien que pour cette enseigne de la grande distribution belge », poursuit notre interlocuteur.

D’autres firmes de la région, telles Belvas (pralines) ou encore Pranarom (aromathérapie), bénéficient du savoir-faire de l’ETA d’Enghien. « Nous faisons également de l’embouteillage pour une société française fabriquant de la mayonnaise halal. » Sans oublier les publications invendues du groupe Rossel qui transitent par l’ETA, avant de retourner chez l’éditeur.

Sur deux décennies, son chiffre d’affaires annuel est passé de 120.000 à 1.300.000 euros.

« Même si nous ressentons les effets de la crise et de la mondialisation, nous n’avons encore jamais dû mettre personne au chômage économique. Ce n’est pas le cas partout. L’atelier protégé d’Andenne, par exemple, vient de fermer ses portes en laissant 40 travailleurs sur le carreau. »

Des boulots sur mesure

La seule chose qui différence l’ETA de n’importe quelle société classique, c’est justement de permettre à des personnes moins valides de prester un boulot répondant à leurs compétences et à leurs aspirations. Pour le reste, ces dernières sont soumises aux mêmes droits et obligations. « Seulement 1,13 % d’entre eux parviennent néanmoins à décrocher un emploi sur le marché traditionnel », regrette Patrick Godart.

A l’étroit dans ses murs, l’ETA vient d’acquérir un bâtiment annexe qui, depuis septembre dernier, lui sert de hall de stockage des marchandises dont le conditionnement est de son ressort. Cette extension porte désormais à 3.000 m2 sa superficie totale.