3 questions à Franz-Olivier Giesbert, parrain du prix Rossel 2012

Lucie Cauwe
Mis en ligne

Franz-Olivier Giesbert, le parrain du prix Rossel 2012, est le directeur de l’hebdomadaire français « Le Point ». Mais FOG n’est pas que cela. Il est aussi journaliste, écrivain, éditorialiste, animateur de télévision, juré du prix Renaudot…

  • <p>Photo Dominique Duchesnes</p>

    Photo Dominique Duchesnes

Sous laquelle de ces nombreuses appellations préférez-vous apparaître ?

Comme Saint Thérèse de Lisieux, je choisis tout. Mais enfant, le métier que je voulais faire, c’était écrivain. A neuf ans, je voulais être Victor Hugo ou rien. Après ? Oui, j’ai pratiqué d’autres métiers. Mais j’adore le journalisme. C’est un métier qu’on exerce à 200% et qui correspond à ma curiosité naturelle. Je veille aussi à toujours écrire. Très jeune, j’écrivais déjà. J’ai plusieurs livres, non publiés, écrits avant mes vingt ans. Mon premier métier a été d’être journaliste littéraire. C’était à « Paris Normandie ». J’ai rencontré tous les grands auteurs de l’époque, d’Aragon à Norman Mailer. Je suis en même temps journaliste et romancier. Je suis d’ailleurs en train d’écrire un nouveau roman. J’aime mélanger les genres dans mes livres, passer d’un genre à l’autre : souvenirs, roman pur, textes autobiographiques, théâtre, roman policier, roman historique. Comme Michel Déon, je pense que le roman est un genre supérieur car il allie tous les autres. Il permet une liberté totale.

 

On dit de vous que vous êtes un homme pressé.

Que pensez-vous de cette appellation ? Je regarde ce personnage qu’on décrit avec beaucoup de recul et de distance. Ce personnage n’est pas forcément moi. Je suis par moments pressé, c’est vrai, mais je ne le suis pas à d’autres. Quand je suis à la campagne par exemple, je deviens contemplatif comme tout le monde.

 

Vous suivez de près la production littéraire.

Faites-vous attention à la Belgitude de certains auteurs ? Pour moi, la littérature francophone, qu’elle soit d’origine maghrébine, africaine, belge, suisse, c’est la même. La littérature française n’est pas réservée aux Français de souche. C’est une idée que je défends depuis très longtemps. La preuve : nous venons de donner le prix Renaudot à Scolastique Mukasonga pour « Notre-Dame du Nil » (Gallimard) qui est d’origine tutsie. La littérature française est celle qui est écrite en français et non en France. C’est d’une évidence aveuglante. En France, il existe une dictature du style. Personnellement, j’aime écrire au stylo, et puis prendre une hache, et puis revenir au stylo.

Osez la rencontre !