Laurence Bibot fait cramer Paris Hilton
Laurence Bibot est l’une des quatre plumes invitées par le Poche pour ses Contes hérético-urbains. Elle sera aussi dans « Féminité Egalité Virilité » au TTO.
Après les Contes érotico-urbains, héroïco-urbains et bobo-urbains, le Poche poursuit sa tradition d’une alternative décalée au sempiternel « spectacle de fin d’année » avec, cette année, les Contes hérético-urbains. Le principe est toujours le même : quatre contes écrits par quatre auteurs pour quatre metteurs en scène et quatre comédiens. Pour cette écriture volontiers sacrilège, aux côtés de René Bizac, Riton Liebman, et Thomas Gunzig (un habitué de cet exercice), on trouve une nouvelle venue au Poche : Laurence Bibot.
A la demande de Roland Mahauden, directeur du Poche, la comédienne, auteure et chroniqueuse radio (Café Serré sur la Première) a imaginé Paris brûle-t-elle ?, inspiré de Paris Hilton, qu’elle conduit d’emblée sur le bûcher.
« Avec son corps sec et ses cheveux de paille, ça devrait « prendre » facile, ironise le résumé du seul en scène. Ça va être jubilatoire en pleine crise de faire cramer ce symbole du luxe, de la frivolité, de l’argent de l’Amérique blanche, de tout ce qu’on exècre au Poche ! » Mis en scène par Isabelle Gyselinx et joué par Ariane Rousseau, le monologue hérético-urbain a trouvé sa sorcière des temps modernes.
« Quand on s’est rencontrés, avec Roland Mahauden, pour discuter du thème, j’ai tout de suite vu des gens qui brûlaient, se souvient Laurence Bibot. Je me suis demandé qui on brûlerait aujourd’hui. Très vite, Paris Hilton est apparue dans ma liste. Elle est ultrapopulaire et en même temps, c’est quelqu’un qu’on aime détester. En particulier les mères de famille, qui voient en elle le contre-exemple des valeurs à transmettre. En cette période de crise, elle symbolise aussi, avec son luxe tapageur, ce qui fait souffrir le reste du monde. Et puis, ça m’amusait de télescoper Paris Hilton avec l’univers du Poche, un théâtre à l’opposé de ce qu’elle représente. » Dans ce même Poche, où l’on allume souvent des feux dans la cheminée du bar pour chauffer l’ambiance ou dehors, pour les barbecues d’été, Laurence Bibot enflamme Paris Hilton, littéralement.
On le sait, depuis son mémorable Bravo Martine jusqu’au récent Sœurs Emmanuelle, l’artiste adore croquer des portraits féminins. Il est donc logique de la retrouver également à l’affiche de Féminité Egalité Virilité au Théâtre de la Toison d’Or en décembre. Dans ce festival « pour rire de l’(in)égalité Homme/Femme », elle sera aux côtés de Véronique Gallo, Myriam Leroy, Nathalie Uffner, Zidani, et en face d’autant d’hommes, pour se moquer des préjugés sexistes, idées toutes faites, légendes urbaines, et caricatures entre les sexes dits « fort » et « faible ». « A l’origine des sketchs que j’écris et joue pour l’occasion, il y a cette question que j’ai souvent entendue et qui m’agace profondément : « Est-ce qu’une femme peut être drôle et sexy à la fois ? » Je trouve cette question débile. Pourquoi ne le demande-t-on jamais aux hommes ? »







