Les citoyens veulent une seconde Journée sans voiture

Emprunter la chaussée de la rue de la Loi à vélo pour se rendre au travail un jour de semaine pourrait devenir réalité.
Emprunter la chaussée de la rue de la Loi à vélo pour se rendre au travail un jour de semaine pourrait devenir réalité. - Alain Dewez.

Un matin sans bruit, sans odeur de gaz d’échappement, cela n’arrive qu’une fois par an. Alors ne faudrait-il pas créer encore un matin comme celui-ci ? Encore un matin sans voiture, sans moteur est en tout cas une des propositions qui est ressortie du panel citoyen interrogé par le parlement bruxellois l’an dernier. Une seconde Journée sans voiture, un samedi ou un jour de semaine, est également une proposition émise voici quelques années par le ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A). Renforcé dans son idée par cette envie citoyenne, Pascal Smet a décidé d’avancer les discussions.

Ainsi, les chefs de corps des zones de police ont été convoqués prochainement afin d’exposer aux parlementaires bruxellois leur vision en commission mobilité. « C’est très bien d’entendre les zones de police pour prendre en considération les aspects pratiques de l’organisation d’une telle journée mais nos commissaires n’ont aucun pouvoir politique », explique le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (Défi). En tant que président actuel de la conférence des bourgmestres, il a mis le point à l’ordre du jour de la dernière réunion. Ses confrères se sont plutôt montrés « goguenards » lors de l’évocation d’une seconde initiative. « À titre personnel, je me demande si Bruxelles a besoin d’une seconde journée d’ordre événementiel. Je pense qu’aujourd’hui, il est surtout urgent d’augmenter les transports en commun, d’élargir les espaces pour les piétons et les cyclistes, de renforcer la sécurité pour proposer une alternative à la voiture. Après, c’est évidemment une bonne chose de mettre l’idée sur la table et de repenser la mobilité bruxelloise mais est-ce qu’une Journée sans voiture est la bonne idée ? »

Bernard Clerfayt pointe aussi les difficultés organisationnelles liées à un tel événement. « Il faut mobiliser les forces de police. Un dimanche, cela demande déjà beaucoup de travail. Si on le fait un samedi, la charge sera encore plus importante puisqu’il faudra organiser plus de contrôles dans et aux entrées de la Région. En plus, je ne peux pas demander à mes effectifs de multiplier les heures et il est peut-être plus utile de les affecter à la sécurité qu’à la vérification des dérogations. »

On l’a bien compris, les bourgmestres calent plutôt sur l’idée même si les citoyens semblent enthousiastes.

Du côté des entreprises, Beci (chambre du commerce de Bruxelles) a lancé un petit sondage auprès de ses membres et sympathisants. En quelques jours, plus de 1.000 réponses ont déjà été enregistrées. « Nous avons décidé d’arrêter le sondage ce jeudi, explique Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci. En tout cas, cette proposition suscite les passions. »

Et surtout les questions. Est-ce possible de l’organiser un samedi ou est-ce préférable de choisir un jour de semaine ? Doit-on limiter le nombre de dérogations ? Si un jour de semaine est choisi, ne risque-t-on pas une fermeture des écoles ou des sociétés ? On pourrait imaginer aussi que beaucoup de salariés prennent congé ou fassent du télétravail. Il faudrait également multiplier les transports en commun pour que l’expérience d’utilisation soit agréable afin de convertir l’automobiliste.

« Ce sont des interrogations dont nous devons discuter au parlement avant les élections de 2019, confirme le cabinet de Pascal Smet. Il faut étudier toutes les pistes. Personne ne doit mettre une chape de plomb a priori sur le débat. Les peurs sont compréhensibles, mais avec l’expérience des dimanches sans voiture depuis maintenant 15 ans, on s’aperçoit qu’elles ne sont pas fondées. »

 
 
 
 
 
 

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