Oscar Niemeyer, « un homme qui transcendait l’architecture »
La mort mercredi d’Oscar Niemeyer, figure mondiale de l’architecture, en a attristé plus d’un. « On croyait qu’il était immortel », confie Luc Deleuze, président de la Fédération des architectes de Belgique.
Quel a été votre sentiment à l’annonce de sa mort ?
« Écoutez, je dois vous dire très franchement qu’on a toujours cru qu’il était immortel. À force d’en avoir tellement entendu parler durant mes études – et c’était déjà il y a plus de 35 ans – et après. Et vu qu’il résistait au temps, c’était devenu un peu, pour nous les architectes, un immortel, une légende vivante, un grand repère. Donc oui, apprendre sa mort, c’est dur à concevoir dans notre esprit. Et une grande perte bien entendu pour l’architecture. »
Vous a-t-il inspiré dans vos réalisations ?
« Je ne sais pas s’il m’a directement inspiré dans mes réalisations, mais il m’a inspiré en tout cas dans cette espèce de constance qu’il représentait. Dans cette espèce de conviction qu’il avait. Il disait toujours que l’architecture était un langage qui s’aiguise et s’exprime. »
« Il représentait vraiment un exemple de ceux qui utilisent la technique – notamment la technique du béton, où il est l’un des référents si pas LE référent. Il s’exprimait par l’architecture pour dire. Et c’est en ça qu’il m’a inspiré, oui. Je crois qu’il avait vraiment compris l’essence de l’architecture. »
À vos yeux, quelle est son importance dans l’architecture ?
« Vous dire que son apport a été essentiel serait un peu bateau vu que tout a déjà été dit sur lui. Mais je pourrai vous dire qu’il a été un phare sur l’architecture brésilienne, notamment en participant à cette incroyable aventure qu’était la construction de Brasília. C’était un homme qui avait cette chance incroyable de traduire des ambitions politiques et des schémas culturels et sociaux à travers le monde. Et puis ses œuvres traversent le temps et s’érigent comme références. »
« C’est une figure qui dépasse l’architecture, assurément. Et ça me désole d’ailleurs que l’on tende à confondre ses œuvres de son « exploit » d’avoir vécu si vieux. Comme si, par l’annonce de sa mort, on ne retenait que son âge. Alors que, face à un homme comme lui, c’est tellement peu. »
Si vous deviez choisir une seule de ses œuvres ?
« La place du Colonel-Fabien à Paris incontestablement. C’est aussi la seule que j’ai touchée. Et vu que je conçois l’architecture comme quelque chose qui se touche et qui se vit, je peux dire sans hésiter que c’est celle qui m’a donné le plus d’émotion. Même si d’autres peuvent être géniales à voir en photo, ce ne sera jamais pareil que de les voir et les toucher en vrai. Ce que j’ai eu avec la place du Colonel-Fabien. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions Le premier à sculpté le béton urbain et comprendre l'harmonie des courbes partant du sol pour rejoindre les verticales et ainsi casser l'angle droit imposé.
Tout simplement, un génie, doublé d'un homme simple et fidèle à ses convictions !








Contradiction.... J'aime beaucoup son architecture géniale et toute en sensualité ...mais il y avait une grande contradiction dans le personnage. Il avait des idées de gauche, communiste, voire marxiste ...mais il faisait une architecture pour les riches, horriblement couteuses, et inaccessible aux pauvres. Avec une architecture moins ostentatoire, on aurait pu mettre la différence pour aider les gens des favellas, et autres. Ceci dit, ca n'enlève rien au génie du personnage.