Sophie Wilmès (MR): «Ce que le gouvernement met en place, c’est un programme libéral, pas celui de la NVA»

© D.R.
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Ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès (MR) est ce samedi 13 janvier l’invitée du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Elle commente la situation politique, principalement le dossier soudanais, et aussi le programme socio-économique du gouvernement de Charles Michel.

Avant de réagir à l’actualité politique de ces derniers jours, et notamment la première session de l’année à la Chambre des représentants, Sophie Wilmès revient sur les suites de l’affaire Weinstein et la tribune publiée cette semaine dans le journal Le Monde, signée par une centaine de femmes. «  Je ne sais pas si l’affaire Weinstein va changer le comportement de certains mais cela a libéré la parole. De la même manière qu’une victime a droit au silence, on doit pouvoir permettre à ces femmes de mettre tout en place pour qu’elles puissent porter plainte et se retrouver en sécurité dans une parole libre  », répond la femme politique.

«  Moi, j’aimais mieux le #metoo, plus inclusif, plus dans la parole de déposer les faits. Le manifeste déposé cette semaine, je ne m’y inscris pas du tout. C ‘est une mauvaise réponse à un vrai débat  ».

Et dans le monde politique ?

«  Moi je ne qualifie pas ce monde de machiste  », estime Sophie Wilmès. «  Mais c’est vrai, quatre femmes au gouvernement, ça ne représente pas au niveau du genre la diversité de notre société. Le métier politique est chronophage et parfois très dur, il y a des femmes qui a priori n’ont pas envie d’embrasser cette fonction. Cela dit, je suis contente de voir que l’on est en train d’imaginer le leadership autrement. Il y a un switch qui se fait dans la société petit à petit : le leadership, ce n’est pas l’autoritarisme pur et simple incarné par des personnalités masculines très fortes. On peut avoir un leadership autrement  ».

Le dossier soudanais

A propos du renvoi de migrants soudanais dans leur pays, Sophie Wilmès commente : «  Il faut distinguer d’une part une personnalité, qui s’exprime de manière adéquate ou non, et d’autre part la politique du gouvernement. Est-elle bien ferme et humaine, respectueuse des droits et des valeurs, de la législation internationale ? C’est une question délicate car on parle de chemins de vie  ».

«  Je ne préjuge pas de la réponse qui sera donnée par le CGRA (NDLR : Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) à l’enquête qui est en cours  », poursuit-elle. «  Si une question se pose, il faut faire la lumière objective. L’objet de l’enquête n’est en tous cas pas de dire si Theo Francken doit démissionner. Je suis beaucoup plus intéressée de savoir si les systèmes mis en place en Belgique assurent que cet article 3 (NDLR : de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales) est bien respecté. Si certains veulent tirer des conclusions politiques sur des responsabilités personnelles, nous verrons à ce moment-là. L’urgence est ailleurs : objectiver et voir s’il y a eu problème ou pas  », conclut Sophie Wilmès sur ce point tout en dénonçant un emballement médiatique.

Majorité fragilisée ?

Les récentes interpellations à la Chambre, jeudi, notamment celle de Patrick Dewael (Open VLD) qui a vivement critiqué la communication de Theo Francken, vont-elles laisser des traces ?

«  Depuis le début, on était le gouvernement kamikaze » , fait observer la ministre MR. «  Moi, je demande que l’on garde la tête froide, que l’on fasse preuve de nuances, que l’on fasse la distinction entre une communication qui n’est pas adaptée et la politique réellement menée par le gouvernement. Quand on regarde ce que le gouvernement met en place, c’est un programme libéral. Et par magie, ce serait devenu le programme de la NVA ! Non, il faut remettre les choses à leur place  », affirme Sophie Wilmès.

La réforme de l’ISOC

Enfin, à propos de la réforme de l’impôt des sociétés engrangée fin décembre et l’avis très critique de l’Union des classes moyennes (UCM), Sophie Wilmès souligne : «  Il n’est pas anormal qu’une entreprise qui fait des bénéfices consacre une partie de ceux-ci à rémunérer correctement son dirigeant. Pourquoi ? Parce que ça permet d’éviter les situations d’abus où on va trop vite se mettre en société pour éviter de payer des cotisations. »

La ministre libérale dit encore souhaiter poursuivre le dialogue avec l’UCM : «  Peut-être y a-t-il un processus pédagogique à réenclencher et peut-être devons-nous entendre de manière plus fine où se poserait encore le problème quand ce processus pédagogique sera terminé  », répond Sophie Wilmès prudente. Il n’est en tous les cas pas question de revenir pour l’instant sur les décisions prises.

L’interview de Sophie Wilmès a été réalisée par François Mathieu, journaliste et éditorialiste au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

 
 
 
 
 
 

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