Shabby Chic devient Eclectic Chic
Comment est née cette idée « Shabby Chic » ?
Tout a commencé avec la vente Paul De Grande chez Pierre Bergé & Associés, une vente que j’avais organisée. Je voulais innover et présenter les lots de manière transversale, c’est-à-dire en mélangeant les origines et les époques. Les ventes publiques sont toujours très cloisonnées et c’est parfois très ennuyeux qu’une commode Louis XV succède à un secrétaire Louis XVI, etc. Il me paraissait intéressant de mélanger les objets dans un esprit insolite et éclectique. En les mettant en contexte lors de l’exposition qui précédait la vente, j’avais l’impression de les faire vivre, de révéler leur âme. Mais, il s’agissait aussi d’une idée commerciale ! En montrant aux visiteurs de l’exposition tout le profit que l’on pouvait tirer d’une juxtaposition parfois audacieuse d’objets d’art, je leur donnais envie d’acheter…
S’agit-il alors de simples objets de décoration ou de véritables objets d’art…
Même s’il s’agit rarement de pièces de prestige, il s’agit d’objets d’art à part entière, mais qui ne trouvent vraiment un sens que par la mise en scène de leur présentation. J’ai habité pendant dix ans au Royaume-Uni et les Anglais ont cette excentricité du mélange, que je partage. Lorsque vous regardez la décoration de leurs manoirs, il y a aussi bien des objets anciens dont ils ont hérité, que des pièces qu’ils ont achetées lors de l’un ou l’autre voyage. C’est cet esprit que j’essaye de traduire dans mes ventes, un style « bohème élégant », avec des objets patinés, abîmés aussi parfois, à l’opposé du bling-bling. Leurs « défauts » les rendent d’autant plus sympathiques !
Pourquoi avoir transformé « shabby chic » en « eclectic chic » ?
Après mon passage chez Pierre Bergé & Associés, j’ai été approchée par Millon & Associés, qui ne souhaitaient pas que je conserve cet intitulé pour une vente chez eux, ce que je pouvais comprendre. C’était aussi pour moi une façon de montrer que je fais autre chose, que le concept a évolué. En effet, désormais, le design, notamment scandinave, est intégré dans mes ventes. En outre, Eclectic est encore plus clair, et insiste bien sur le fait qu’il s’agit néanmoins d’objets de qualité, avec cette notion de mélange. Je voulais continuer mon concept et j’aurais sans doute pu le faire seule, mais j’ai trouvé un partenaire enthousiaste en Alexandre Millon, qui considère l’antenne bruxelloise comme un laboratoire. Mon concept rentre parfaitement dans cette politique.
Qu’y aura-t-il dans cette vente ?
Il est difficile de tout évoquer, car il y a plus de trois cents lots ! Il y a par exemple cette lampe allemande des années 1930 en métal chromé qui mesure près de deux mètres (estimation de 1.800 à 2.000 euros), ou encore ce canapé de Marcel Breuer dont le modèle date de la même époque. Ici, il s’agit d’une édition années 1970 (4.000 à 6.000 euros). J’aime aussi beaucoup ce serviteur muet qui figure un animal fantastique mi-chien, mi-singe (estimation 7.000 à 9.000 euros). Mais il y a également des lots beaucoup plus abordables.
Tout est vraiment mélangé et j’accorde une grande importance à la mise en scène de l’exposition, car elle permet de se rendre compte de ce que ces objets curieux se marient parfaitement dans un intérieur.
La vente « Eclectic Chic » a lieu le dimanche 16 décembre chez Millon au Sablon. L’exposition a lieu à partir d’aujourd’hui jusqu’au samedi 15 décembre de 11 à 18 h (dimanche de 10 à 13 h) au 51, rue Mignot Delstanche à Bruxelles.


