Le feutrage, un art ancestral
N’est-il pas un remarquable isolant phonique et thermique ? Imperméable, durable, facile à fabriquer et si peu onéreux ?
Promenade dans l’histoire de ce premier textile fabriqué par l’homme à l’aide de laine de moutons, de chèvres, voire de poils de lapins, chameaux ou d’autres animaux. Voilà plus de huit mille ans, les nomades d’Asie centrale l’utilisaient déjà pour la fabrication de leurs chapeaux et de leurs bottes (antidérapantes, même sur sol gelé !), pour celle de leurs tapis et de leurs yourtes. Les Chinois, les Grecs et les Romains de l’Antiquité l’appréciaient comme couverture pour leurs chariots, comme rembourrage de selle ou d’armure.
Et, parce qu’il est plus épais que le cuir, comme pare-flèches.
XIIe et XIIe siècle, l’Europe occidentale supprime cuirs et fourrures des bottes et chapeaux, trop onéreux, au profit du feutre. Passent les siècles et les modes, il est, aujourd’hui présent dans les revêtements, de l’automobile par exemple, et toujours source d’inspiration et matière de prédilection pour les industriels comme pour les créateurs…
Secrets de fabrication
C’est dans leur galerie anversoise où ils proposent un large éventail de tapis anciens, semi-antiques et de facture récente ainsi que de textiles et objets ethnographiques (couvertures de chevaux, décorations de tentes, sacs, tapis de selle, broderies suzani, etc.) que Christian Vrouyr et sa fille Naïry mettent en valeur une dizaine de feutres afghans.
Mais quel est le secret de ce feutre qui, parce qu’il n’est pas un tissage, est classé parmi les étoffes ? Pour les antiquaires, « il est composé de couches de fibres de laine trempée dans de l’eau – parfois savonneuse – qui fera usage de lubrifiant. La méthode la plus fréquente pour compresser la laine se fait à bras nus ou par piétinement. Une autre méthode consiste à enrouler le feutre autour d’un poteau, de l’enserrer de lanières que l’on fait ensuite tirer par un cheval. Une tradition propre à la Mongolie et à la Chine occidentale. Notons que le procédé de fabrication peut être accéléré par un réchauffement ». Une fabrication facile et rapide, une matière flexible, le feutre peut être modelé à des fins utilitaires. « La fabrication de chapeaux ou de bottes ! et, pour les plus fines couches, la réalisation de couvertures pour le sol ou le toit des tentes nomades. » Les motifs et coloris ? « Ils peuvent être incorporés lors de la pression des laines mais il arrive aussi que le dessin soit issu de diverses lamelles cousues sur l’étoffe de base. » Souci du détail et du raffinement…
Tél. : 03/232 36 87 – Site : www.vrouyr.com.







