Le collectif Recycling s’intéresse au couvent des capucins
La Ville de Mons a racheté le site en 1999 mais n’a jamais eu les moyens financiers de lui redonner vie. Elle décide aujourd’hui de le vendre au secteur privé. Le collectif Recycling lance une opération d’achat groupé.
Un espace culturel polyvalent, un potager collectif et une plaine de jeux sur un site depuis longtemps inoccupé. C’est l’idée lancée par le collectif montois Recycling. Cible de ses membres : le couvent des capucins situé près de la gare, à Mons. Un lieu que les autorités communales ont décidé de vendre.
« Le bâtiment a été acquis par la Ville en 1999, commente Nicolas Martin, bourgmestre montois faisant fonction. La Ville a toujours des projets de rénovation pour le site, mais n’a jamais eu les moyens humains et financiers de les mener à bien elle-même. Or, c’est un site important et symbolique qui mérite une nouvelle vie. Le seul moyen d’y arriver est de passer par le privé en le revendant. »
Le revendre, d’accord, mais le collectif a-t-il les moyens de s’offrir un tel ensemble ? Certes, non mais il a des idées. Il vient d’inviter un maximum de citoyens à s’unir afin de prendre part à l’achat groupé du couvent et son parc. Car, selon les membres, « à Mons comme ailleurs, il est indispensable de veiller à la création et à la préservation d’espaces publics conviviaux ».
« Si nous parvenons à nos fins, estime Recycling, en plus de doter le parc de jeux pour enfants, nous y organiserons des expositions, un potager collectif, des barbecues sous forme d’auberge espagnole, des concerts, des pièces de théâtre… et le tout dans la gratuité la plus totale. Si nous n’obtenons pas suffisamment de fonds pour ce projet, la somme récoltée permettra au collectif de poursuivre ses actions de revitalisation de chancres urbains. »
Reste que mener à bien une telle entreprise peut paraître un rien utopique ; le collectif en est conscient. « Cette action peut sembler folle, mais si beaucoup de gens donnent “un peu”, ce sont de grands et beaux projets qui se réaliseront », affirme-t-il.
On n’en est pourtant pas encore là. « Nous n’en sommes qu’au début du processus de vente, précise Nicolas Martin. Nous avons désigné un expert qui doit établir des lots entre le couvent, le parc et l’église qui est toujours en activité. Le collège statuera sur ce que l’on vend. A priori, pas l’église. Nous ferons ensuite un appel d’offres mais il est clair que nous choisirons un projet de qualité. Avec du logement, des bureaux et, pourquoi pas, un hôtel. » L’idée du collectif ? « C’est intéressant comme démarche… » Qu’en est-il aussi du prix de vente de 250.000 euros annoncé sur un site internet ? « C’est une démarche prématurée du notaire. »
Infos : www.recyclable.be


