La piscine Helios est prête mais reste inaccessible
Après trois ans de travaux et 12 millions d’investissement, la piscine Helios rénovée reste désespérément inaccessible à Charleroi. La Régie communale autonome et sa mauvaise gestion politique sont pointées du doigt.
S’ils ont souvent été opposés l’un à l’autre quand ils siégeaient ensemble au collège communal de Charleroi, les ex-échevins PS des Bâtiments Paul Ficheroulle et des Sports Ingrid Colicis sont au moins d’accord sur un point depuis leur sortie de la vie politique : « La piscine Helios est prête à être réexploitée. » Sa rénovation a coûté cher à la collectivité : quelque 12 millions d’euros. Les travaux se sont étalés sur trois ans, on est allé de mauvaises surprises en déceptions sévères (la découverte d’amiante) si bien que l’estimation de base a été largement dépassée, autour de 20 %.
Le 9 novembre dernier, Paul Ficheroulle organisait la réception provisoire du chantier. Alors, qu’est-ce qui coince ? D’abord, un problème de mise à disposition de personnel. Dix maîtres nageurs sont requis pour assurer la sécurité des usagers. Or, si certains de ces auxiliaires doivent être rapatriés de la piscine de Gilly bientôt en régime scolaire, d’autres ont été recrutés et ne sont pas encore entrés en fonction : le service du personnel de la Ville attend pour économiser le coût de leurs traitements.
A vrai dire, cet enjeu est dérisoire par rapport à celui de la récupération de la TVA payée sur les travaux. La clé de voûte de la remise en exploitation du complexe de l’Helios, c’est ça : pour autant que le dossier ne connaisse pas la même issue que ceux du Spiroudôme ou du stade du pays de Charleroi où l’administration fédérale des Finances a refusé la restitution de l’avance de la TVA, ce plan ouvre la perspective d’une recette considérable pour remettre du beurre dans les épinards budgétaires – près de deux millions d’euros.
Selon l’opération imaginée par la précédente majorité PS-MR-CDH, il s’agit de confier la gestion de l’infrastructure à la Régie communale autonome (RCA), l’entité déjà chargée de gérer Marcinelle-en-Montagne et le centre de délassement, et qui est enregistrée à la TVA. Or, rien n’est encore réglé. Charleroi s’est fait conseiller par le bureau Deloitte : si un ruling, décision anticipée en matière fiscale, a été établi pour trouver un accord avec l’administration des Finances, le projet n’a toujours pas abouti. « Faute de préparation dans le chef du cabinet de l’ex-échevin des Bâtiments », selon les uns. « Parce que la RCA ne s’en est donné ni l’ambition ni les moyens », disent d’autres.
Refondre la Régie, une priorité
La nouvelle tripartite a dû reporter l’inscription de cette recette au budget 2013. A quand la concrétisation ? Une pression maximale est mise sur la RCA… à la barre de laquelle aucun membre du nouveau collège n’a encore été désigné : le pacte de majorité adopté le 3 décembre n’en attribue pas la tutelle. « Cela fait partie des priorités de notre équipe », dit le bourgmestre empêché Paul Magnette. Il veut refondre la RCA pour en augmenter l’efficacité, « avec un vrai directeur et un président ». En attendant, patience.







