Améliorer encore le sapin de Noël

Jean-Luc Bodeux
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Les producteurs de sapins de Noël souhaitent créer un verger à graines de Nordmann. La Province pourrait céder un terrain mais il manque le financement.  Une table ronde sera organisée par le ministre Carlo Di Antonio début 2013.

  • Les producteurs ardennais de sapins de Noël souhaiteraient créer un verger de graines de Nordmann, le sapin le plus demandé. © Roger MILUTIN.
    Les producteurs ardennais de sapins de Noël souhaiteraient créer un verger de graines de Nordmann, le sapin le plus demandé. © Roger MILUTIN.

En visite lundi soir en Luxembourg, le ministre Carlo Di Antonio (CDH) a rencontré des producteurs de sapins de Noël réunis dans l’Union ardennaise des pépiniéristes, ASBL qui souhaitait mieux faire connaître ses activités tout en soulevant l’une ou l’autre problématique spécifique.

Et le président de l’UAP Claude Guiot de rappeler que les pépiniéristes jonglent entre trois secteurs d’activité : pépiniériste proprement dit, une activité aujourd’hui concentrée dans une dizaine d’entreprises. Un secteur dont l’enjeu est de rester à la pointe au niveau technique et de pouvoir conserver son autonomie en matière de matériel forestier de reproduction, l’Europe ayant tendance à surréglementer ce secteur. Second secteur : les entreprises de parcs et jardins, en plein développement. Enfin, le sapin de Noël, un secteur qui a lui aussi connu une fameuse évolution. Un marché européen de 70 millions d’arbres par an, dont 3,5 à 4 millions pour l’Ardenne, soit environ 4.000 ha de sapins de Noël, et 80 % à l’exportation. Un chiffre comparable à la Tchéquie et la Hongrie, alors que la France et la Pologne sont à 5 millions, l’Angleterre à 6, le Danemark, en régression, à 9,5 millions, et l’Allemagne à 17 millions.

Chez nous comme ailleurs, l’épicéa a perdu sa domination pour se situer à une moyenne de 50 %, le Nordmann pouvant aller jusqu’à 80 % de la production chez certains pépiniéristes. Omorika, Fraseri, Nobilis et Pungens constituent la faible portion complémentaire. Une production qui exige un suivi tout au long de l’année avant le rush final, qui va durer 4-5 semaines, avant Noël. « La concurrence est effrénée, note Claude Guiot. Les marchés sont difficiles à fidéliser. Et il faut sans cesse améliorer la qualité, en sachant que les Danois sont toujours en avance. Il faudrait dès lors créer un verger à graines de Nordmann pour pouvoir assurer la reproduction. Mais les terres agricoles sont rares et chères. Des discussions ont toutefois lieu avec la Province qui devrait mettre à disposition un site de 20 à 25 hectares. Mais il faut encore trouver le financement. »

« On est mal aimé de tous »

Le ministre s’est dit prêt à parler de cette problématique afin de trouver un modus vivendi pour continuer à cultiver en zone agricole et forestière car, relève Claude Guiot, « on est mal aimé de tous : les agriculteurs, les forestiers et les chasseurs ». Pour l’heure, l’UAP est propriétaire d’une trentaine de clones qui sont stabilisés dans un verger de conservation de 0,8 ha.

Autre revendication : créer une centrale qui permettrait d’acheter uniquement du produit wallon lors des marchés publics. Ceci afin de doper le secteur des pépinières en Wallonie. 2013 sera donc une année importante, Neufchâteau accueillant par ailleurs le congrès de l’association européenne des producteurs de sapins de Noël, en juin.

Osez la rencontre !