Concevoir sa cuisine? Un jeu d’enfant!

Les visiteurs, assistés ou non d’un conseiller, peuvent placer sur une grande table écran une série de meubles miniatures et maquetter physiquement leur cuisine.
Les visiteurs, assistés ou non d’un conseiller, peuvent placer sur une grande table écran une série de meubles miniatures et maquetter physiquement leur cuisine. - d.r.

La première chose qui frappe en pénétrant dans le showroom de Be Kitchen à Neupré, c’est son côté aéré, épuré. Mais ce qui le distingue le plus de la concurrence, ce sont les 4 tables de conception mises à l’usage de la clientèle. Après avoir encodé les dimensions et spécificités de leur pièce (fenêtres, portes…), les visiteurs, assistés ou non d’un conseiller, peuvent placer sur une grande table écran une série de meubles miniatures et maquetter physiquement leur cuisine. À peine un objet posé sur la surface, le meuble apparaît instantanément dans l’aperçu virtuel de la cuisine dans une autre zone de l’écran. Le client peut ainsi modifier l’agencement et la composition de sa cuisine en jouant avec les modules miniatures tout en observant le rendu sur une prévisualisation 3D. Une fois la structure de la pièce plus ou moins déterminée, de nombreuses personnalisations sont possibles de manière virtuelle : couleurs, modification de la gamme, ajout ou retrait de poignées ou tiroirs, sélection des électroménagers… À chaque étape, qu’il s’agisse du placement d’un meuble ou d’une finition, le concepteur voit le budget de la cuisine évoluer immédiatement et peut donc le contrôler très précisément. C’est l’un des points forts du concept Be Kitchen, avec sa grande facilité d’utilisation et son aspect ludique. Néanmoins, derrière cette apparente simplicité se cache un long travail de conceptualisation et de développement. L’idée de base provient de Thomas et Pierre Ioannatos, deux frères qui ont uni leurs visions et leurs expériences dans un projet commun. Le premier est en effet actif depuis une décennie dans le monde des cuisines, alors que le second est spécialiste en IT. En s’associant au développeur Steve Lanuit, ils ont réussi à concrétiser en plus ou moins 2 ans leur concept de création interactif. Les défis étaient pourtant nombreux : « Il fallait notamment trouver une solution pour que l’on puisse poser des objets comme nos petits meubles sur l’écran et que celui-ci les reconnaisse ainsi que leurs mouvements », précise Alexandre Vranken, technical & logistic manager de Be Kitchen. Le système fonctionne finalement avec des codes placés sous les maquettes et qui sont scannés par l’écran. Comme Be Kitchen gère l’ensemble du processus de ses activités, tout part de l’entreprise : l’impression en 3D des meubles miniatures qui servent à la conception interactive, la livraison et le montage des cuisines ou encore et surtout le développement de l’application de configuration. En dehors de l’aspect ludique que le client peut expérimenter avec les écrans et maquettes, le concept Be Kitchen entend aussi intégrer les étapes suivantes d’un projet. « Pour l’instant, l’application est loin d’être au maximum de ses capacités, souligne Alexandre Vranken. Côté clients, nous devons notamment ajouter certaines dimensions de meubles, mais le plus gros à faire se passe en coulisse, pour l’automatisation de la génération des plans ou l’envoi direct des commandes par exemple. »

En attendant, le concept Be Kitchen poursuit son chemin. Depuis l’ouverture du showroom à Neupré, pas moins de 300 commandes ont été passées. Une 2e  enseigne a ouvert à Marche-en-Famenne, une 3e suivra bientôt à Gosselies et d’ici moins de 2 ans, les concepteurs de Be Kitchen espèrent atteindre dix magasins et plusieurs franchises en Belgique. Contre toute attente, le concept attire aussi bien des jeunes acheteurs que des personnes âgées, moins familières à la technologie. En termes de budget, Be Kitchen ratisse également large avec des projets variant généralement de 3.000 à 26.000 euros environ selon les gammes, les équipements et les espaces. « Nous n’avons pas l’intention de pouvoir répondre à tous les besoins, mais plutôt d’offrir une solution pour que 90 % des projets de cuisine puissent être réalisés facilement, explique Alexandre Vranken. La force de notre concept, c’est aussi que les acheteurs se vendent leur cuisine à eux-mêmes. Ils aiment la possibilité qu’on leur offre de construire leur projet. »

Be Kitchen est aussi une fierté belge puisque sa technologie représente une première mondiale. Et même si ce n’est actuellement pas au programme de ses créateurs, on pourrait imaginer, dans le futur, que le concept puisse aussi s’appliquer à d’autres pièces de la maison voire à d’autres domaines.