Luxembourg: moins de commerces, mais toujours plus de surface

Régulièrement, l’Union des classes moyennes du Luxembourg analyse le secteur commercial et les nouvelles données ne font que confirmer ce qu’elle dit depuis des années. Il y a de plus en plus de m2 commerciaux et le commerce de détail en centre-ville poursuit sa route vers l’enfer.

La province de Luxembourg compte 3.550 points de vente et 700.000 m² de surfaces commerciales. En 10 ans, les m² commerciaux ont augmenté de 28 %, ce qui représente un total de 300 m² par 100 habitants. C’est 30 % de plus que la moyenne belge…

« Il faut y voir plusieurs phénomènes tels que la course aux enseignes et le développement de parcs commerciaux (Ikea à Sterpenich, Hydrion à Arlon, Mac Arthur à Messancy, Aliénau à Libramont, Pirire à Marche) », commente Philippe Ledent, vice-président de l’UCM Lux.

Et tout ceci, c’est sans compter les milliers de m2 de l’autre côté des frontières françaises et luxembourgeoises ! Une situation délirante alors que la clientèle n’est pas extensible.

Pendant ce temps, le nombre de points de vente diminue de 1 % par an depuis 5 ans, sur l’ensemble de la province.

L’UCM constate aussi la poursuite de l’augmentation des cellules vides sur 5 ans : + 12 %. « Et ce malgré l’effort important des villes. Elles augmentent sur Arlon et Marche-en-Famenne notamment. Elles diminuent dans certains pôles comme Florenville et Virton, mais c’est uniquement via une occupation de cellules vides par du logement, ce qui n’est pas une bonne chose pour garantir l’attractivité des linéaires commerciaux. De plus petits pôles comme Vielsalm et La Roche voient le pourcentage de cellules vides doubler, passant de 6 à 12 % pour Vielsalm, et de 8 à 16 % pour La Roche. »

Selon l’UCM Lux, le secteur du commerce représente 17 % de l’emploi total. Il occupait 15.446 personnes en 2017, soit une augmentation de 16 % en 10 ans. Sur la même période, la population de la province a augmenté de 10 %. Si l’emploi salarié a augmenté en 10 ans dans le commerce, il s’est transformé : davantage de temps partiels et d’emplois occupés par une maison d’œuvre étrangère (française). Cette évolution s’est faite également au détriment de l’emploi indépendant qui diminue de manière importante depuis 2010 : – 12 %.

Philippe Ledent pointe plus que jamais « un secteur est en mutation. C’est une réflexion globale sur l’avenir de nos villes qu’il faut. Et aider les décideurs, associations de commerçants et indépendants à penser autrement les cœurs de ville en y créant de nouvelles fonctions : accueillir artisans et acteurs culturels, et de nouveaux espaces de travail, Fab Labs… Tout en mettant en œuvre des politiques de remembrement du foncier commercial pour disposer de cellules plus grandes. »