La tête du militant belge Bahar Kimyongur mise à prix

Bahar Kimiyongur.
Bahar Kimiyongur. - D.R.

Le militant belge d’extrême-gauche Bahar Kimyongur figure depuis ce week-end sur la liste des terroristes les plus recherchés par la Turquie (terroananlar.tur.pol) qui mélange les noms de près de 900 personnes appartenant aux mouvements kurdes, d’extrême-gauche ou à l’Etat islamique. Cette liste, dont la première version remonte à 2016, présente les personnes recherchées sous 5 catégories, correspondant à la dangerosité qui leur est affectée par Ankara : rouge, bleu, vert, orange et gris.

214.000 euros de récompense

Bahar Kimyongur figure sur la «liste verte». Une récompense « pouvant aller jusqu’à un million de livres turques » (214.000 euros) est promise pour tout renseignement menant à sa capture.

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Bahar Kimyongur avait été acquitté en Belgique pour des faits allégués de terrorisme (l’affaire dite du DHKP-C), mais avait été frappé depuis 2006 d’un mandat d’arrêt international délivré par la Turquie en raison de sa participation à un chahut organisé le 28 novembre 2000 lors de la visite à Bruxelles du ministre turc Ismaïl Cem. Il avait été arrêté à trois reprises, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne en raison de l’existence d’une « notice rouge » délivrée par Interpol à la demande de la Turquie. La Belgique avait prêté son concours à l’exécution de son arrestation aux Pays-Bas. Cette « notice rouge » avait à chaque fois été déclarée illégale par les juridictions des différents pays concernés. Le 22 août 2014, Interpol avait officiellement retiré la « notice rouge » visant le ressortissant belge.

Plainte déposée

«  Je dépose une plainte aujourd’hui pour menaces contre le gouvernement turc, nous dit Bahar Kimyongur. J’en appelle aussi au gouvernement belge pour faire cesser cet harcelement. Je suis inquiet pour moi-même, ma femme et mes enfants. Cette inquiétude est d’autant plus vive qu’un projet de loi dispensera bientôt de poursuites les auteurs de crimes contre des personnes recherchées. Le fanatisme nationaliste peut également frapper en Belgique.  »

En août dernier, Bahar Kimyongur avait déjà déposé une plainte contre le ministre turc de l’Intérieur après la publication, par le Centre de recherche et d’études du ministère de l’Intérieur (AREM) d’un livre le qualifiant de « représentant féroce d’une organisation terroriste » et de « fondateur d’une organisation terroriste ». Cette plainte pour diffamation, harcèlement moral, atteinte à l’honneur, incitation à la haine, avait été déposée à Istanbul.

L’insertion de son nom dans la liste des terroristes les plus recherchés de Turquie intervient quinze jours avant la sortie de son livre « Fehriye Erdal, tête de Turque » consacrée à la militante du DHKP-C qui avait réussi à échapper à la Sûreté de l’Etat alors qu’elle était assignée en résidence à Bruxelles. Erdal, toujours en fuite, avait été condamnée par défaut en février 2017 pour sa participation à un triple assassinat commis en 1996 par un commando du DHKP-C en Turquie.

 
 
 
 
 
 

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