L’usine d’incinération à un carrefour

Didier Albin
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L’avenir de l’usine d’incinération de déchets de la région de Charleroi se joue au gouvernement wallon de cette semaine. Sans réhabilitation du four nº3, l’usine est condamnée à fermer, selon le président Monseux. Actions des travailleurs en vue ces jeudi et vendredi.

  • Pour le président de l’Intercommunale de collecte et de destruction des immondices (ICDI), Gérard Monseux (PS), la fermeture de l’usine d’incinération « aura un impact financier catastrophique sur le coût vérité du traitement des 100.000 tonnes collectées dans la zone ». © Pierre-Yves Thienpont.
    Pour le président de l’Intercommunale de collecte et de destruction des immondices (ICDI), Gérard Monseux (PS), la fermeture de l’usine d’incinération « aura un impact financier catastrophique sur le coût vérité du traitement des 100.000 tonnes collectées dans la zone ». © Pierre-Yves Thienpont.

La région de Charleroi retient son souffle : l’avenir de son usine d’incinération de déchets de Pont-de-Loup, exploitée par l’Intercommunale de collecte et de destruction des immondices (ICDI), risque en effet de se jouer lors du gouvernement wallon de ce vendredi. Le ministre de tutelle Philippe Henry (Ecolo) avait promis de trancher cet épineux dossier avant le 31 décembre. On y est. Selon nos informations, il va se tourner vers ses partenaires du gouvernement afin d’obtenir le consensus.

Pour le président de l’intercommunale Gérard Monseux (PS), « ou bien on renouvelle le four nº3 de Pont-de-Loup (53 millions d’euros) pour permettre à l’outil de rester efficace, ou bien on ne le fait pas et on condamne l’usine à fermer ».

Gérard Monseux l’affirme : « Si on en arrive là, il y aura un impact financier catastrophique sur le coût vérité du traitement des 100.000 tonnes collectées dans la zone. Une étude fait état d’une augmentation de 2 à 5 millions par an, à charge des communes affiliées. Sans parler du financement lié à la création d’un parc de regroupement de déchets qu’il faudra bien installer quelque part – quel bourgmestre le voudra chez lui ? »

Le directeur général de l’ICDI Olivier Bouchat renchérit : « En dehors de l’impact social et technique d’une usine à four unique, cette situation créera l’aberration environnementale de mettre sur la route 2.500 poids lourds par an pour transporter à Tournai un excédent de 50.000 tonnes de déchets. »

Réhabiliter le four 3 ou laisser mourir l’usine d’incinération de Pont-de-Loup ? C’est le dilemme auquel renvoie la position du comité de gestion de l’intercommunale. Administrateur de l’ICDI, le député Ecolo Xavier Desgain rappelle que « l’engagement financier pour la modernisation du four nº2 court jusqu’en… 2028. Fermer l’usine avant est tout simplement impensable. L’heure est à la prévention, au recyclage et à d’autres formes moins polluantes de traitement ». Dans ce cadre, Xavier Desgain préconise la création d’un nouveau pôle de biométhanisation aux confins du Hainaut et de Namur, sous l’égide de l’ICDI. Selon lui, « le renforcement des collectes sélectives de déchets organiques permettrait d’en rentabiliser l’exploitation ».

Des actions dans les parcs

à conteneurs de la région

Selon nos informations, ce projet est celui que devrait défendre le ministre Henry auprès de ses collègues. Si la cause est loin d’être gagnée face à un lobby carolo décidé à ne pas se laisser flouer, il faut savoir que le non-renouvellement du four nº3 ferait l’affaire d’autres intercommunales. A commencer par Ipalle à Tournai, qui n’exploite pas pleinement la capacité de son usine. Une délégation syndicale de l’ICDI est reçue ce jeudi à Namur par le ministre Henry. Par ailleurs, des actions seront menées dans les parcs à conteneurs de la région.

Osez la rencontre !