Basket : Ostende fait plier Charleroi

Stephane Druart
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Si les Spirous ont cédé en fin de match à la Côte (69-60), ils ont témoigné avoir retrouvé un état d’esprit qui devrait les ramener au premier plan en 2013.

Ostende – Charleroi : 69-60

Ostende a réussi la gageure de remplir sa salle pour ce Clasico face à Charleroi qui a retrouvé toute son ampleur depuis la fabuleuse finale des playoffs qui a sacré le club côtier en juin. L’enjeu de cette dernière rencontre de l’année n’était pourtant pas primordial. Mais leur rivalité, couplée à une ambiance très festive, lui a conféré une intensité inattendue. Et c’est d’ailleurs à l’énergie, transcendé par l’enthousiasme de son public, qu’Ostende, sans Lojeski, rentré aux Etats-Unis blessé (adducteurs) et fatigué, a renversé des Spirous très conquérants jusqu’à la demi-heure : 42-51 !

Le déclic, c’est Djordjevic qui l’a provoqué, en rentrant enfin ce tir primé qui se refusait à Ostende depuis celui inscrit par Katnic à 22-19, le deuxième et le dernier sur 18 tentés en trois quart-temps. Une telle disette n’aide pas à ouvrir une défense carolo aussi soudée que déterminée. A ralentir son hôte en priorité. Car le plan de match des Spirous sautait aux yeux : ils devaient forcer Ostende à évoluer sur jeu placé. Donc sous-peser leur sélection de tirs et équilibrer chaque duel. Mais avec huit rotations vu les départs de Foster et Johnson, et encore en comptant Massot qui n’avait plus joué depuis début novembre, cette débauche d’énergie a fini par coûter.

Malmené sous les anneaux, où Allen et Beghin suaient face à l’énergie des pivots côtiers, Charleroi n’en dominait pas moins largement la bataille du rebond (14 à 24 à la pause), notamment grâce à un Walsh qui compilait déjà 10 points et 11 rebonds. Comme quoi, si on peut parfois lui reprocher de vouloir trop en faire, l’Américain détrempe son maillot d’un cœur qui déteste l’échec. Les Spirous étaient donc dans le coup au moment de changer de côtés. Et cette nouvelle perspective les incita à redoubler d’ardeur en défense. Muet à distance, Ostende ne trouvait plus d’ancrage intérieur et il lâcha progressivement du lest, notamment sous l’impulsion d’un virevoltant duo Jadin – Massot.

Mais il restait un quart-temps à disputer. Et les Spirous cédèrent d’un bloc sous la hausse d’intensité d’Ostendais soudain libérés derrière la ligne des 3 points. Préservé pour deux fautes une bonne partie de la première mi-temps, Stojic parvint, par sa garde oppressante, à faire déjouer Walsh. Et comme les Spirous n’ont toujours pas trouvé un vrai distributeur pour les éclairer, leur collectif s’est dissous. De 42-51, le marquoir passa à 67-54, un 25-3 qui rappelait leurs limites actuelles. qu’on avait failli oublier tant leur esprit de corps, si fébrile en première partie de saison, les avait poussés à dépenser tout ce qu’ils avaient.

Un changement de mentalité qui, couplé aux retours attendus de Dandridge et Steinbach, ainsi qu’à l’engagement de un ou deux renforts, annonce un tout autre Charleroi en deuxième partie de saison.