Cendrillon fait deux cartons
Le National et le Théâtre de la Toison d’Or reprennent leur version du mythe et font salle comble.
C’est la Cendrillon-mania dans notre capitale. Au même moment, l’histoire de la pauvre jeune fille rêvant d’un prince charmant fait courir les foules au Théâtre de la Toison d’Or et au Théâtre national. Avec deux versions bien différentes. D’un côté une comédie hilarante pour adultes. De l’autre, un fabuleux rêve éveillé, alternant rire et drame, et s’adressant à tous les publics.
Pourtant l’histoire de base reste la même : celle d’une jeune fille orpheline de mère qui vit avec une belle-mère revêche et deux sœurs insupportables. Jusqu’au jour où, grâce à l’intervention d’une fée, elle participe au bal de la Cour et séduit le Prince. Avant de perdre la fameuse chaussure qui permettra au monarque de la retrouver…
Bien sûr, la version Disney est dans toutes les mémoires et continue à séduire des générations de mômes à travers le monde. Mais les deux versions bruxelloises s’en éloignent nettement. Sans avoir l’air d’y toucher, elles retournent aux origines d’un mythe qui remonte à l’antiquité et que Charles Perrault et les frères Grimm ont popularisé. Les versions de Nathalie Uffner (au TTO) et Joël Pommerat (au National) lui donnent aujourd’hui un nouvel élan.
Même les garçons rêvent du prince charmant
Cendrillon Dans la version écrite par Sébastien Ministru, Cendrillon… est un garçon. Homosexuel discret, cool et nettement mieux dans sa peau que la plupart des zinzins qui l’entourent.
La marâtre Si Cendrillon est un garçon, la belle-mère ne pouvait être qu’un travesti. Maman s’en donne à cœur joie dans ce rôle taillé sur mesure.
Les sœurs Et si la belle-mère est Maman, ses filles sont forcément des garçons qu’elle force à se déguiser en donzelle.
Le prince Homo caché, il hésite à faire son coming out mais ne pourra résister à Cendrillon.
La fée Surprise : la fée est une femme. Et quelle femme ! puisque c’est Laurence Bibot qui incarne ce personnage alcoolo, cocaïnomane et tout à fait déjanté.
La révélation Les contes de fée, c’est bien, mais c’est après que ça se gâte. La vie de couple au quotidien, ça n’est pas toujours jojo. Au-delà du rire, l’émotion fait même son apparition.
La surprise On en découvre à chaque coin de scène. La plus belle : le formidable personnage de la conseillère royale interprétée par Julie Duroisin. Hilarante !
Cendrillon, ce macho Théâtre de la Toison d’Or Jusqu’au 5 janvier www.ttotheatre.be
Itinéraire d’une enfance perdue
Cendrillon La petite Sandra (qu’on appellera plus tard Cendrillon) est une gamine butée, s’infligeant elle-même bien plus de punitions que son entourage.
La marâtre Loin du monstre habituel, il s’agit ici d’une femme persuadée qu’un grand destin lui est promis. Jamais on ne lui avait connu une telle humanité.
Les sœurs Deux vraies teignes cumulant tous les clichés de l’ado hystérique contemporaine.
Le prince Un gamin paumé qui, tout comme Cendrillon, ne vit qu’en référence à une maman disparue depuis dix ans.
La fée Hilarante, irrésistible et… foireuse. Mais elle bosse.
La révélation Les déboires de Cendrillon sont dus à la mauvaise compréhension d’une phrase prononcée par sa maman sur son lit de mort. Persuadée qu’elle doit constamment penser à elle pour la garder vivante, elle s’interdit tout plaisir, gâche sa vie et celle des autres.
La surprise Le magnifique spectacle de Joël Pommerat en est truffé. On en relèvera trois. Son incroyable beauté visuelle. Le rôle du père. Et la fin, bouleversante et bien plus crédible que celle du conte habituel.
Cendrillon Au Théâtre National Jusqu’au 31 décembre www.theatrenational.be







