Boxing Day à la belge : une boîte vide
Pourquoi joue-t-on en Angleterre au surlendemain de Noël et pas ailleurs ? En Belgique, La question a tourné en véritable obsession dans le chef des dirigeants de la Pro League lors de la réforme du championnat, il y a trois ans. Jusqu’à être imposée contre l’avis des premiers concernés, à savoir les joueurs, privés d’une trêve décente et soumis au risque de conditions de jeu dangereuses. On s’en souvient, Steven Defour avait tenté d’attiser un vent de fronde du côté des autres capitaines de D1, mais les dirigeants, dans leur majorité, eurent vite fait de mater la révolte afin de ne pas écorner l’image du produit foot, remis en vente à intervalles réguliers.
Même si elle ne l’a pas réellement voulu, la Belgique a donc son Boxing Day. Mais celui du pauvre puisqu’il se concocte sans les ingrédients indispensables à sa réussite. Et en premier lieu son pouvoir d’attraction. Chez nous, on est loin des affiches traditionnellement proposés en Premier League ce jour-là (quoi qu’aux Iles, cette année semble faire exception) et qui se prolongent au-delà du second réveillon (4 journées programmées en Angleterre entre le 22 décembre et le 3 janvier). Les autorités belges (ministère de l’Intérieur, forces de l’ordre et bourgmestres en tête) ont imposé à la commission du calendrier de ne pas programmer de matchs à risques durant une période où les effectifs destinés à garantir la sécurité dans et autour des stades sont forcément réduits. Le Super Sunday du week-end dernier était donc un produit d’appel pour le foot en hiver, mais s’avère être, une fois venu à bout du joli nœud, un paquet cadeau complètement vide. Hormis, s’entend, l’intérêt purement régional que peut receler un Charleroi - Mons, par exemple.
Autre élément qui n’a pas été pris en considération : le 26 décembre est un jour férié chez nos voisins d’outre-Manche alors qu’en Belgique bon nombre d’employés sont au turbin entre les Fêtes. C’est dire si la subtilité de la programmation télévisée du derby hennuyer à 14 h 30, mercredi au Mambourg, laisse rêveur. En retardant le coup d’envoi vers 18 heures (Standard-Beerschot jeudi), voire à 20 heures (Anderlecht-Lierse, le même jour), la commission du calendrier aurait fait coup double : attirer le jeune public en périodes de vacances scolaires et en plus, ne pas contraindre les supporters plus âgés de faire l’impasse sur l’événement ou de leur faire prendre congé.
A-t-on seulement pensé à évoquer le problème à la Pro League au lieu de ressasser l’éternel (et mensonger) parallèle avec l’Angleterre sur le site officiel ? Pas sûr…


