Neo mis sur le grill par ses détracteurs

La commission de concertation doit maintenant statuer sur les certificats d’urbanisme de Neo, qui constituent surtout une espèce d’accord de principe pour l’obtention des permis futurs.
La commission de concertation doit maintenant statuer sur les certificats d’urbanisme de Neo, qui constituent surtout une espèce d’accord de principe pour l’obtention des permis futurs. - DR

Dossier exceptionnel oblige, la commission de concertation de la Ville de Bruxelles a pris toute la matinée de ce mercredi pour se pencher sur le cas Neo, vaste projet immobilier de 21 hectares qui doit voir le jour d’ici quelques années sur le plateau du Heysel. Après avoir entendu les arguments des développeurs du projet ainsi que ceux des riverains et d’associations, l’organe consultatif, composé de représentants d’institutions régionales et communales va devoir trancher et décider, à l’aune de ces éléments, si il octroie ou non un avis positif permettant aux développeurs d’obtenir leurs précieux certificats d’urbanisme. Une issue laissant a priori peu de place au doute, le projet étant ardemment poussé par la Région et la Ville de Bruxelles.

Avec près de 40 mécontents dans le public, la salle était bien remplie mais pas comble pour cet exercice de démocratie locale, en comparaison avec d’autres projets chauds évalués récemment, comme la rénovation du piétonnier ou la réaffectation de la Bourse en « Temple de la bière ». Les architectes du consortium Unibail-Rodamco ont ouvert le bal en mettant l’emphase sur le côté public et vert du projet. «  La surface accessible du projet est aussi grande que le sol que nous allons utiliser pour le bâtir » a souligné l’architecte Jean-Paul Viguier, associé au bureau bruxellois Art & Build.

Place ensuite aux répliques des opposants. Celles-ci ont porté principalement sur la mobilité, le projet prévoyant d’attirer sur le plateau du Heysel 3 fois plus de visiteurs par an qu’actuellement. Parmi les interventions remarquées, celle d’Anton Van Assche, représentant d’Unizo Brussel (le représentant néerlandophone des classes moyennes et des indépendants), très critique envers le futur centre commercial de 72.000m2 qui doit s’établir sur le site. «  Le seul argument pour, c’est que Bruxelles est en dessous de la moyenne en termes d’espaces commerciaux  », a-t-il fait valoir, estimant que cela ne justifiait absolument pas un projet de cette ampleur. «  On ne peut pas imaginer un projet à 800.000 euros si l’on n’imagine pas que les gens voudront s’y rendre », a répliqué le banc des architectes, disant s’appuyer sur 3 études.

Un avocat mandaté par la commune de Vilvorde s’est ensuite mis à énumérer les craintes de la cité flamande périphérique à Bruxelles quant à l’impact présumé de Neo sur ses commerces et sa mobilité. De quoi présager d’une future action en justice ? Pas impossible. Le mois dernier, le Tijd rapportait qu’Hans Bonte, bourgmestre socialiste de Vilvorde, entendait bien mettre des bâtons dans les roues du projet.

L’absence de membres du Collège de la Ville de Bruxelles à la session aura également été remarquée. Questionné à ce sujet, le bourgmestre Philippe Close (PS) prétend qu’il s’agit ici «  d’un argument de procédure, car la Ville étant mêlée au projet, elle ne peut prendre directement part au débat. » Mis au fait des arguments entendus en cours de matinée, ce dernier rappelle que l’ordonnance consacrant la création de la SCRL NEO a été approuvée en 2014 par l’ensemble des partis, à l’exception de la N-VA.

Pour avoir le fin mot de l’histoire, il faudra attendre le 20 mars. Soulignons que l’étape en cours des certificats d’urbanisme n’est que celle qui précède celle des véritables permis. Elle constitue surtout une espèce d’accord de principe. Même si une décision positive marquait l’ouverture d’une voie quasi-royale pour le futur de Neo, les développeurs devront à nouveau présenter un dossier, plus complet cette-fois, lors de la prochaine étape. À noter que le sort de Neo dépend aussi d’un recours en annulation portant sur la modification par la Région bruxelloise du Plan régional d’Affection du Sol (Pras) – dans le but de pouvoir y insérer le projet de centre commercial. Si le Conseil d’État venait à débouter la Région sur ce cas le projet immobilier prendrait un fameux plomb dans l’aile.

Réclamations

Par Arthur Sente

254

Au cours du mois d’enquête publique durant lequel le dossier de Neo a été mis à disposition pour consultation, celui-ci a fait l’objet de 254 avis. Est-ce beaucoup ? Pas assez en tout cas pour rivaliser avec l’Eurostadium, l’autre grand projet immobilier de la Ville. À titre de comparaison, celui-ci avait récolté 662 et 427 remarques lors de ses premières requêtes de permis.

 
 
 
 
 
 

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