Charleroi: le chancre de l'ancien SEM ne sera abattu qu'en mai

Le projet immobilier le plus ambitieux de la société de logements publics la Sambrienne représente un investissement de 18 millions d'euros.
Le projet immobilier le plus ambitieux de la société de logements publics la Sambrienne représente un investissement de 18 millions d'euros. - D . A.

C'est le projet immobilier le plus ambitieux de la société de logements publics la Sambrienne : il représente un investissement de 18 millions d'euros. A la Broucheterre à Charleroi nord, il s'agit d'aménager un nouveau quartier de bureaux et de logements sur le site de l'ancien centre logistique communal, le SEM, une ruine visible du ring R9 : 6.000 mètres carrés de bureaux vont être construits, il est aussi prévu de créer du commerce et 120 habitations (dont 40 destinées à la vente) ainsi que 30 kots pour les étudiants du futur campus des Sciences, des Arts et des Métiers sur le campus de l'UT, à cent mètres à vol d'oiseau. La première étape de cette mue urbaine, c'est la démolition du SEM.

Initialement prévue durant le premier trimestre 2017, elle a dû être reportée. En cause : la présence de concentrations d'hydrocarbures dans les sols. « Une trace apparaît sous le macadam, elle se localise dans la couche de remblais », indique l'échevine de l'urbanisme MR Ornella Cencig dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal. Un périmètre va devoir être défini pour délimiter la zone de dépollution : les terres qui auront été extraites seront évacuées vers un centre de traitement approprié, des échantillons seront prélevés au fur et à mesure de l'exécution. Il s'agira ensuite de remettre le site en état : des matériaux sains seront acheminés sur place pour niveler le terrain. L'ordre de mettre ce marché à exécution devrait être notifié à la fin du mois. Ce qui reporte à mai la démolition du chancre urbain du SEM, d'autant que des opérations de désamiantage s'imposent dans le bâtiment. Elles seront menées en même temps que les travaux d'assainissement des sols. La disparition de ces ruines aura un impact visuel non négligeable : la Broucheterre se trouve en effet à l'une des portes d'entrée de la ville les plus fréquentées.

Le projet de construction a été baptisé « le cinquième élément ». Ce quartier est voué à accueillir des acteurs majeurs du logement : à commencer par la Sambrienne, qui y regroupera ses services centraux et directions, mais aussi l'agence immobilière sociale et le centre d'étude en habitat durable. « Des permanences du fonds du logement et du crédit social y seront aussi organisées », complète le président de la Sambrienne Hicham Imane (PS). C'est là que demain, les familles qui souhaitent construire, rénover ou louer un appartement social devront passer. L'aménagement du « cinquième élément » doit s'étaler sur quatre années, jusqu'en 2022.

Concours international

Par Didier Albin

Le projet du « Cinquième élément » a fait l'objet d'un concours d'architecture international: douze candidats ont remis un dossier parmi lesquels six ont été sélectionnés.

Parmi eux, deux viennent de l'étranger: le bureau français Rudy Ricciotti (France) et le bureau Kuehn Malvezzi installé en Allemagne. Les autres équipes sont belges, certaines locales comme RGPA qui associe Réservoir A au bureau Goffart-Polomé, et Blow en association avec Pirnay et Lan, un partenaire français. « Nous avons aussi les gantois de l'agence Setphane Beel et les liégeois de Baaumans-Deffet », précise Hicham Imane.

L'étape suivante va consister à élaborer des projets à partir du cahier de charges qui leur sera transmis. Le lauréat emportera le marché de conception.

 
 
 
 
 
 

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