Tournai: un applaudimètre pour élus au carnaval

Public et confréries se mêlent joyeusement dans la Mascarade.
Public et confréries se mêlent joyeusement dans la Mascarade. - dr.

Dans la foule réunie sur la Place de Nédonchel ce samedi pour assister à la remise des clés de la Ville par les autorités communales aux roi et reine de carnaval, nous avons repéré Fabrice Laurent. Le directeur de l’Eden, centre culturel qui coordonne la Grande Parade du Carnaval de Charleroi, serait-il en mission de repérage ou d’inspiration ? « Nous sommes venus en famille et non en délégation officielle, précise l’homme en catogan, accompagné de son ami, chef de cabinet de l’échevine des Fêtes carolo. Plusieurs personnes m’ont dit que le carnaval de Tournai a été relancé dans les années 80 alors qu’il était moribond. C’est cet aspect qui a suscité notre intérêt. Nous ne voulions pas voir un carnaval développant le même folklore depuis des siècles. A Charleroi, le carnaval a épousé l’évolution du centre-ville. La paupérisation, la fermeture des bistrots… Depuis les années 60, le centre-ville a perdu 50 % de ses habitants.  »

Autre centre d’intérêt du carnaval tournaisien pour les visiteurs carolos : le fait que public et confréries se mêlent joyeusement dans la Mascarade, sans barrières nadar pour les séparer. « Il y a 250 confréries enregistrées, mais tout le monde peut participer à la parade, même ceux qui ne sont pas issus de Tournai, souligne Roberta Lembo, présidente de l’ASBL Carnaval de Tournai. Cette année, des Montois inspirés par le thème Drôles de Biètes ont joint leur char à la Mascarade. »

« Mais le carnaval de Charleroi n’est pas du tout sur le même modèle que celui de Tournai, note le directeur de l’Eden. Nous nous inspirons de la Zinneke Parade bruxelloise, avec la participation des habitants et des associations, comme les maisons de jeunes, les entreprises de formation par le travail, les écoles de danse et de cirque… Les gens viennent à la Grande Fabrique du Carnaval pour réaliser des parures, des déguisements, des décors. Dans les très bonnes idées dénichées à Tournai, il y a le championnat de promesses électorales lancé par une confrérie. »

Chaque année, « Les abistokés » et « Les flicouilles », qui comptent d’impertinents journalistes dans leurs rangs, cherchent une idée originale pour titiller les élus politiques. Loulou (Jean-Louis) Godet explique que «  nous attrapions les hommes et les femmes politiques pour leur faire lire dans un porte-voix une promesse électorale du catalogue que nous avons rédigé. A l’applaudimètre, en fonction du niveau sonore, ils étaient désignés “citoyen(ne) honnête”, “fouteu d’coule”, “candidat(e) d’ouverture” ou encore “bonimenteur”  ».

 
 
 
 
 
 

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