Arlon: un réseau pour les églises ouvertes

L’église St-Martin servira de cadre au double spectacle multiculturel qui vise à mieux faire connaître la fondation Eglises ouvertes.
L’église St-Martin servira de cadre au double spectacle multiculturel qui vise à mieux faire connaître la fondation Eglises ouvertes. - D.R.

C’est une réalité, les prêtres se font rares, la pratique religieuse est en perdition et les églises n’ouvrent plus beaucoup de fois leurs portes pour des offices, du moins la majorité d’entre elles.

Mais elles constituent néanmoins un énorme patrimoine matériel à gérer et à financer par les communes et fabriques d’église. Certaines évoquent la possibilité d’en désacraliser une partie, mais le sujet reste encore fort tabou, tant pour les pratiquants que les non-pratiquants.

C’est suite à ce constat qu’a été créée voici dix ans la Fondation des Eglises ouvertes, « avec l’objectif d’ouvrir ces édifices au potentiel extraordinaire vers d’autres usages que strictement religieux, pour que les citoyens reprennent possession de ce patrimoine auquel ils tiennent et que l’église redevienne un lieu de liens sociaux en plus du religieux », note Martine Van den Bergen, membre de la Fondation.

Tout a commencé en 1998 avec Marc Huynen qui visite la Finlande. Il y découvre de nombreuses petites églises qui sont toutes ouvertes. Rentré en Belgique, il se lance dans la création d’un réseau, un organisme indépendant du monde politique et religieux.

Son objectif : que les églises soient ouvertes en dehors des offices, mais qu’il y ait aussi un accueil de temps à autre. L’association va alors coordonner un réseau de lieux ouverts. Au fil des mois, elle met au point des outils de communication et de visibilité pour le grand public : brochures, dépliants, bannières, plaques murales, site internet, QR code, etc. Chaque église adhérente y a une page spécifique avec un descriptif de l’édifice, des infos pratiques, etc. Dix circuits découvertes ont été mis en place, six rallyes, un week-end de grande ouverture début juin, avec expositions, concerts, etc.

Aujourd’hui, la fondation chapeaute différentes entités dont une ASBL composée de six gestionnaires et d’une quinzaine de bénévoles. Elle fonctionne avec une cotisation de 350 euros, mais aussi avec un autre tiers de subsides octroyé par le ministère du Patrimoine et du Tourisme, et avec un tiers de dons.

« Notre souhait est évidemment d’aller plus loin dans l’accueil, poursuit Martine Van den Bergen. A Walhain, l’été passé, l’église est devenue un lieu d’accueil frais et calme durant le blocus des étudiants. On envisage avec la fédération des scouts que des églises soient des lieux d’accueil de nuit pendant les hikes. Deux exemples parmi d’autres. »

L’association compte aujourd’hui 389 églises membres et le but est de créer un grand réseau européen pour étoffer la dynamique. En 2016, des églises des Hauts-de-France et du Luxembourg ont rejoint l’association, en 2017, c’était au tour du Grand-Est français, en 2018, de la Bourgogne. Et des contacts existent avec les Pays-Bas.

Et c’est pour mieux se faire connaître, notamment en Belgique, que l’association fête ses dix ans avec un spectacle itinérant baptisé « En chemin » qui a été présenté à Nivelles et le sera à Arlon les 23 et 24 mars prochains.

Un spectacle les 23 et 24 mars

Dans le cadre de ses dix ans, l’association « Eglises ouvertes » proposera deux jours de spectacles et d’animation à l’église St-Martin d’Arlon, comme elle l’a fait voici peu à Nivelles. L’objectif était d’organiser dix fêtes pour les dix ans, mais ce sera peut-être compliqué car il faut trouver sur place une équipe solide pour co-organiser la manifestation, et également des associations partenaires pour participer au spectacle de base.

C’est le cas à Arlon où il y a eu d’emblée une attitude positive pour participer à ce week-end, avec le clergé, la paroisse avec Henri Bosseler, la Ville et les associations culturelles locales (les scouts et guides, l’école de danse d’Aurélie Thill, les compagnons de Saint-Jacques de Compostelle du Sud-Luxembourg, ce qui n’est pas le cas partout. Pourquoi est-on venu à Arlon ? « Parce que le sud-Luxembourg n’a pas beaucoup d’églises membres au sein de notre association et que ce spectacle permet de sensibiliser et de donner un éclairage particulier », commente Martine Van den Bergen.

Le spectacle se déroulera les vendredis 23 et samedi 24 mars à 20h, au cœur de l’église St-Martin d’Arlon, avec environ 400 places de part et d’autre de ce spectacle qui associera du duo aérien de danseurs professionnels, quatre tambours de percussions japonaises, un jongleur de feu, un quatuor à cordes, un cor des Alpes, des pèlerins de St-Jacques, l’organiste de l’église (Vincent Hubert), des solistes, des guides et scouts, le chœur Ermesinde.

Samedi, de 14 à 17h, animations culturelles et musicales en complément, de façon gratuite.

Réservations : 7 et 15 euros à l’Office du Tourisme et au Centre diocésain d’Arlon, 46 rue de Bastogne ou via le site web www.billetwebfr/en-cheminonderweg1

 
 
 
 
 
 

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