Vivaqua préférerait démolir son aqueduc
Vivaqua s’est manifestée lors de l’enquête publique sur le classement de l’aqueduc. L’intercommunale, propriétaire de l’ouvrage, préférerait qu’on le rase. La commune de Brainel’Alleud ne se mouille pas à ce stade…
L’enquête publique concernant le classement de l’aqueduc de Mont-Saint-Pont ainsi que d’une zone de protection sous l’impressionnant ouvrage d’art est terminée. Elle n’a donné lieu à l’envoi que d’une seule réclamation. Ce qui n’est pas une surprise puisque l’an dernier, des citoyens s’étaient mobilisés pour demander le classement à la Région wallonne.
Mais l’unique réclamation a un certain poids, vu qu’elle émane du propriétaire, l’intercommunale Vivaqua. Et le moins qu’on puisse écrire, c’est qu’elle n’est pas d’un enthousiasme débordant…
Dans la lettre qu’elle a fait parvenir à la commune de Braine-l’Alleud, elle évoque notamment les frais importants qu’entraînerait une rénovation. Parce que même si l’ouvrage d’art est classé par la Région et que d’importants subsides sont dès lors débloqués pour le rénover, il restera une part de dépenses à charge du propriétaire.
Et on ne parle pas de petits travaux : construit en 1853, l’ouvrage qui comporte 27 arches – dont certaines passent au-dessus de la rue des Piles, ce qui a déjà posé des problèmes de sécurité – n’est plus en très bon état. Et il fait tout de même 200 mètres de long…
Pour Vivaqua, l’équation est simple : si on lui demande de prendre en charge une partie des frais de rénovation, ce coût sera inévitablement répercuté sur ses clients via une augmentation du prix de l’eau. De plus, l’intercommunale fait valoir que même si des travaux importants sont entrepris, il se posera toujours des problèmes de sécurité aux abords de l’ouvrage d’art.
Bref, pour le propriétaire de l’aqueduc, le classement de l’édifice n’est pas une bonne solution : Vivaqua maintient sa volonté de le raser. C’est déjà cette intention, concrétisée début 2011 par le dépôt d’une demande de permis de démolir, qui avait poussé certains amoureux du patrimoine à se manifester. L’aqueduc fait partie de l’histoire du quartier. La première pierre avait été posée par le duc de Brabant, devenu par la suite le roi Léopold II.
La commune, elle, avait relayé cette demande auprès de la Région. Si le classement est décidé par la celle-ci au terme de la procédure, elle devra mettre elle aussi la main à la poche, mais à hauteur de quelques pour cent seulement des frais de rénovation.
« Nous avions promis de solliciter le classement et nous l’avons fait, commente le bourgmestre Vincent Scourneau (MR). Mais je peux comprendre la position de Vivaqua. La conjoncture économique sera sans doute un élément déterminant pour apprécier… »







