Jeholet sur l’affaire Veviba: «La confiance est rompue avec Verbist à Bastogne»

©Belga
©Belga

Le scandale sanitaire qui frappe l’entreprise Veviba de Bastogne inquiète la Wallonie à tous les niveaux : consommateurs, agriculteurs mais aussi responsables politiques. Au parlement régional ce mardi, toutes les formations politiques ont souligné la catastrophe que l’épisode représente pour les 200 travailleurs de l’entreprise, la filière bovine dans son ensemble et, au-delà, sur l’image d’un territoire qui exporte une partie importante de sa production de viande.

Le débat sur le rôle de l’Afsca sera surtout débattu au parlement fédéral. A Namur, il est surtout question d’emploi et d’économie. « Cette affaire est un véritable uppercut pour la filière bovine qui n’avait pas besoin de cela, explique René Collin (CDH), ministre de l’Agriculture. Une de nos priorités est de rendre à nouveau l’outil opérationnel, mais cela dépend des garanties sanitaires que nous obtiendrons, de l’accord de l’Afsca et du feu vert de la justice. »

« L’avenir, ce n’est pas le groupe Verbist »

Relancer l’activité aujourd’hui à l’arrêt, à Bastogne mais aussi à l’abattoir de Rochefort ? Dès jeudi dernier, le gouvernement wallon a pris soin d’envoyer deux managers de crise chez Veviba, à la demande du groupe Verbist : « L’objectif est de poursuivre les activités dans l’éco-système wallon et donc de défendre l’emploi, les agriculteurs, les artisans, les bouchers », développe Pierre-Yves Jeholet (MR).

Le ministre wallon de l’Economie n’y va pas par quatre chemins : « La confiance est rompue. L’avenir, ce n’est pas le groupe Verbist. Ce sont des outils et des travailleurs qu’il faut préserver. » Mais sous quelle forme ?

Le scandale actuel sonne-t-il le glas d’un « géant » de la viande au profit de filières à taille plus humaine ? Le libéral sonne le réveil des uns et des autres, et notamment des consommateurs : « Il existe une part d’hypocrisie dans le chef des citoyens qui semblent privilégier les artisans et les circuits courts. Mais si tout le monde privilégiait le boucher du coin, il y aurait des bouchers dans tous les villages. Or on assiste à de plus en plus de fermetures. Le public doit savoir ce qu’il veut. »

Récupérer l’argent

Le gouvernement wallon songe donc déjà à un possible reprise des outils exploités jusqu’à présent par Verbist, ou en tout cas un maintien en activité. Sous quelle forme ? Des pistes sont évoquées : une coopérative, un portage provisoire par les pouvoirs publics… Pierre-Yves Jeholet dit déjà percevoir l’intérêt de groupes étrangers pressés de venir se servir sur la carcasse encore fumante de Bastogne. N’oublions pas que les infrastructures de Bastogne sont une propriété publique : Région, ville, intercommunale Idelux et même province.

La Wallonie n’a pas été avare de ses moyens ces dernières années. La Sogepa a prêté 2,5 millions en 2013, puis deux fois 1,5 millions en 2014. Soit 5,5 millions dont 3,7 millions restent dûs en retour. Des primes à l’investissement ont aussi été versées à concurrence de plus de 2,8 millions depuis 2001. « Je veux absolument récupérer l’argent qui nous est dû par Verbist », a martelé Pierre-Yves Jeholet.

 
 
 
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous