Le vin villersois est primé

Vincent Fifi
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 Le vin de la Confrérie du vignoble de l’abbaye a obtenu une très belle note dans un concours international. Une médaille d’argent vient donc récompenser le travail des bénévoles. La confrérie installera prochainement son chai à l’abbaye.

  • Le raisin récolté à l’abbaye et soigneusement trié par des passionnés produit un vin qui a obtenu une récompense internationale en Allemagne. © Vincent Fifi
    Le raisin récolté à l’abbaye et soigneusement trié par des passionnés produit un vin qui a obtenu une récompense internationale en Allemagne. © Vincent Fifi

La Confrérie du vignoble de l’abbaye de Villers a décidément vécu une année 2012 contrastée : à la déception de devoir renoncer aux vendanges à la fin de cet été pour cause de raisin attaqué par les maladies a succédé une reconnaissance internationale du travail accompli depuis des années par les bénévoles. En effet, la cuvée 2010 du vin issu de l’abbaye a reçu une médaille d’argent dans un concours international organisé en Allemagne.

Ce concours est initié par l’institut qui a créé le Regent, le cépage qu’ont choisi de planter les confrères à Villers. Ils sont les seuls au monde à utiliser le Regent pour élaborer un vin par macération carbonique, comme pour le Beaujolais. En 2009, Christophe Waterkeyn, le maître de chai, avait signalé cette particularité aux créateurs du Regent. Et ceux-ci lui avaient demandé des échantillons.

C’est comme cela que la cuvée 2007 avait obtenu une note de 12 sur 20 au concours organisé par cet institut allemand. Les confrères l’ont pris comme un bel encouragement et ont continué à travailler la qualité de leur breuvage. C’est qu’en plus de faire revivre le vignoble villersois et de contribuer à la renommée de l’abbaye, un de leurs objectifs est de prouver qu’on peut produire du bon vin en Europe septentrionale.

Ils ont tenté à nouveau l’expérience avec cette fois leur cuvée 2010. Le jury, qui devait évaluer plus de 250 vins produits en Allemagne, aux Pays-Bas, en Europe de l’Est et même au Canada, est tombé sous le charme. Vingt sur vingt pour la couleur et la transparence, quinze sur vingt pour l’impression au nez et en bouche, et dix-sept sur vingt pour la typicité : médaille d’argent pour le nectar villersois !

Voilà une superbe reconnaissance pour ces passionnés. Elle n’aura pas d’effet commercial : économiquement, il n’est pas viable de produire du vin comme la confrérie le fait. Chaque grappe est triée sur table lors de la vendange, le raisin est pressé avec un procédé qui n’écrase pas les pépins, les confrères utilisent la macération pelliculaire à froid…

En clair, ce vin unique est impayable, d’autant que la production est limitée : 530 bouteilles en 2010, 280 en 2011, et rien cette année. Pour le déguster, c’est de se faire membre : les confrères goûtent régulièrement le produit de leur travail lorsqu’ils s’activent sur les terrasses du vignoble. On peut aussi l’acheter lors de certaines manifestations publiques à l’abbaye.

Le vin constitue une vitrine supplémentaire pour le prestigieux site cistercien. Ce sera d’autant plus vrai en 2013 que le chai sera bientôt installé face au vignoble, dans les anciennes écuries de l’abbaye. La confrérie a récemment un subside de la Province qui, ajouté au soutien de la fondation Roi Baudouin permettra d’aménager l’intérieur du bâtiment.