« Je rêve d’un centre de Wavre piétonnier »

Xavier Attout
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À quelques jours des soldes, le président des commerçants wavriens estime qu’un vent nouveau souffle sur la cité du Maca. Il reste néanmoins du travail.  Quelques locomotives commerciales sont espérées.

  • Après avoir assisté à un certain renouveau commercial en 2012, Emile Delvaux entend poursuivre son travail qui vise à rassembler les forces vives wavriennes. © X.A.
    Après avoir assisté à un certain renouveau commercial en 2012, Emile Delvaux entend poursuivre son travail qui vise à rassembler les forces vives wavriennes. © X.A.

entretien

Il n’en est pas peu fier, l’Association des commerçants de Wavre va bientôt franchir le cap des 200 membres. Un vrai renouveau pour une association moribonde il y a quelques années. Un homme se cache derrière ce rebond : Emile Delvaux. À 61 ans, cet homme affable a remis les clés de son magasin en février dernier pour ouvrir les portes de la retraite. S’y consacrant à temps plein…

A quelques jours du début des soldes, les commerçants wavriens se portent-ils aussi bien que leur association ?

Cela va moins mal que ce que certains ne le pensent ! Wavre traîne une image quelque peu négative mais 2012 a vu arriver de nombreuses nouvelles enseignes, telles que Pandora, Modern Tailor ou Dress code. La rue de Bruxelles connaît aussi un renouveau. Notre force est le commerce indépendant de qualité, plutôt haut de gamme.

On reproche aux commerçants leur manque de souplesse, notamment en matière d’heures d’ouverture. Cela évolue-t-il ?

Doucement. La plupart des magasins étaient ouverts le dimanche durant les fêtes, mais pas tous. Certains font des efforts. Mais si on veut ouvrir jusqu’à 20 heures par exemple, il faut une unité d’action. Seule la Ville peut légalement jouer ce rôle. En fait, trop de magasins présents depuis plusieurs générations pensent davantage à protéger leur pré carré plutôt qu’au développement commercial de la ville.

Que retenez-vous de l’étude intitulée « Wavre 2030 » ?

Nous sommes favorables à tout changement qui rendra Wavre plus attractif. Des experts estiment que le salut de Wavre passe par la transformation du centre-ville en un piétonnier. J’acquiesce à 200 %. Même si un piétonnier renforce les rues qui fonctionnent bien et en déforce d’autres. Mais il faut se différencier et évoluer : savez-vous que 79 bus du TEC traversent chaque jour le centre de Wavre pour relier la place Bosch et la gare ! Et sans s’arrêter. C’est insensé. Un piétonnier doit s’accompagner de parkings de délestage et d’un système de navettes performant. J’ai déjà planché sur un tel projet, mais il a été refusé par le Collège communal. Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, le centre de Wavre sera piétonnier.L’extension de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve est prévue pour 2016. Wavre ne peut plus perdre de temps.

Le compte à rebours a commencé. Nous devrons posséder un produit attractif à cette date. J’estime que trois ou quatre grosses locomotives pourraient suffire pour redresser la tête. Des enseignes de qualité. Mais ça, c’est le travail de l’ASBL Gestion Centre-ville. Il est nécessaire d’aménager des emplacements qui ont des superficies plus importantes. Le projet de réhabilitation de la galerie des Carmes est au point mort. Celui du parking des Carabiniers fait l’objet d’âpres négociations. Or, on doit avancer.

Le prix des loyers reste problématique. Comment agir sur ce point ?

Ils sont aussi élevés que sur l’avenue Louise ! C’est incroyable. Dans la rue du Pont du Christ, un 65 m2 se loue 3.000 euros mensuels, un autre 5.400 euros pour la même surface. Ceux qui gagnent le mieux leur vie à Wavre, finalement, ce sont les propriétaires qui demandent de tels loyers prohibitifs. Point positif : les étages des magasins commencent à être aménagés. Ce qui va ramener des habitants au centre-ville.