La naissance d’un groupe
Après plusieurs années de compagnonnage fructueux avec le Varia, Thierry Smits souhaitait se remettre un peu en danger en créant sa nouvelle pièce dans les vastes Halles de Schaerbeek où, en 1990, il avait dansé seul La grâce du tombeur.
Mais avant de s’installer sous la haute nef des Halles, c’est dans son studio à Saint-Josse, qu’il nous accueille pour une répétition de sa nouvelle création. Autour de la table, les danseurs plaisantent, évoquent les fêtes de fin d’année, terminent un rapide repas de midi. Puis chacun passe dans la salle pour quelques étirements avant de se lancer dans un filage complet, sans les lumières du spectacle et sans les musiciens.
D’emblée, on est pourtant happé par ces premiers passages en solo ou duo, ces corps qui errent parmi une forêt de tubes blancs suspendus au plafond. Bientôt, certains se retrouvent au sol, haletant comme s’ils ne parvenaient plus à respirer.
Derrière sa table, le chorégraphe ne perd pas une miette de ce qui se passe tout en évitant soigneusement d’intervenir en direct. Aux Halles, l’espace scénique sera délimité par une boîte noire mais ici, les danseurs quittant le plateau se retrouvent simplement à côté de celui-ci, se désaltérant rapidement, s’indiquant un mouvement ou se concentrant pour la scène suivante.
De l’étouffement généralisé, on passe au rêve puis à une série de vastes mouvements d’ensemble comme Thierry Smits en avait rarement osé. On sent l’énergie, le plaisir de danser ensemble, cette notion de « nouvelle solidarité » qu’il s’agissait de faire passer.
A l’issue de la séance, rires et sourires se mélangent. Le groupe semble avoir trouvé cette cohésion voulue par le chorégraphe. A présent, il s’agira de la faire vivre pleinement dans le vaste espace des Halles. Mais à voir l’ambiance à la fois détendue et concentrée des répétitions, la petite troupe devrait s’en sortir sans trop de mal.







