Du hip-hop au HipOrgue

Anne-catherine De Bast
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Une vingtaine de jeunes danseurs liégeois de hip-hop créent des chorégraphies sur de la musique d’orgue. Un mariage parfois étonnant. Ils se produiront à la Fête de l’orgue en juin, à Liège, puis partiront pour Auch, en France.

  • Pendant six mois, les jeunes danseurs vont inventer des chorégraphies sur de la musique d’orgue, encadrés par trois chorégraphes © Michel Tonneau.
    Pendant six mois, les jeunes danseurs vont inventer des chorégraphies sur de la musique d’orgue, encadrés par trois chorégraphes © Michel Tonneau.

La musique de Bach résonne, dans le Centre communautaire de Glain, à Liège. Les mouvements se coordonnent, les baskets couinent sur le sol. Une vingtaine de jeunes participe aux ateliers intensifs de création chorégraphique du projet « HipOrgue », cette semaine. Leur ambition : marier la musique austère et traditionnelle de l’orgue avec la danse urbaine qu’ils pratiquent tous les jours, le hip-hop, tout promouvant la rencontre de différentes cultures.

Les danseurs, âgés de 15 à 24 ans, sont issus de différents groupes qui répètent au Centre de jeunesse La Baraka, coorganisateur du projet avec l’ASBL OrganoSwing. « Pendant six mois, ils vont inventer des chorégraphies sur de la musique d’orgue, encadrés par trois chorégraphes, glisse l’organiste Serge Schoonbroodt, organisateur. Maintenant, on entre dans le vif du sujet. Après cette semaine d’ateliers, très intense, ils poursuivront le travail tous les samedis jusqu’en mai. »

Il sera alors temps de se produire en public… D’abord le 2 juin dans le cadre de la Fête de l’orgue, à l’église Sainte-Marguerite, à Liège, où les danseurs seront accompagnés par l’organiste Jean-Baptiste Dupont. Puis le projet entamera un périple européen : les Liégeois se rendront à Auch, où ils transmettront le fruit de leur travail aux jeunes danseurs français. Puis ceux-ci passeront à leur tour le relais à un nouveau groupe, en Allemagne. Et ainsi de suite. À la fin du parcours, tous les jeunes ayant participé au projet se retrouveront, probablement à Liège, pour se rencontrer et danser tous ensemble.

En vue de ce programme, les répétitions vont bon train, ce jeudi, à Glain. Même si l’ambiance reste bon enfant. « Marier orgue et hip-hop, c’est un vrai défi !, confie Youssef, 24 ans. Je me considère comme quelqu’un d’ouvert d’esprit, j’aime les découvertes. C’est un concept unique qui m’a complètement séduit. Ce projet est l’occasion de véhiculer une bonne image de ce que l’on fait. Ici, la majorité du travail de création vient des chorégraphes, mais on peut donner des idées, il y a un réel échange. »

Si certains danseurs découvrent la musique classique dans le cadre de ce projet, pour d’autres, comme Glody, 17 ans, l’orgue était déjà un instrument familier. « Mon père a fait des études pour être prêtre, sourit-il. Je connais donc la musique d’église. Mais je n’aurais jamais pensé danser là-dessus… »