Incendie des Mésanges : le procureur demande des peines légères
Réquisitoire implacable du parquet de Mons à l’encontre des chefs de la Sorelobo. « Les prévenus n’ont pas pris les bonnes décisions au bon moment » a déclaré le procureur du Roi Christian Henry.
« La sécurité incendie à la tour sociale des Mésanges était ‘la’ priorité. Les responsables de la Sorelobo ont scandaleusement fait fi des constats alarmants, répétés, du service incendie. » Réquisitoire implacable de Marie-Christine Beauvois, premier substitut, devant le tribunal de Mons qui juge Maurice Lafosse, ex- président du CA de la Sorelobo, société de logements sociaux de Mons et du Borinage, et Victor Zdanov, son beau-fils, ex-directeur gérant. La magistrate retrace les trois rapports du service incendie de Mons, qui ont, en 1969, 1987 et août 2001 (à l’occasion d’un incendie à une tour jumelle voisine des Mésanges), décrit ces tours comme « le bâtiment-type à éviter pour des constructions en hauteur. » Manque d’isolation de la gaine technique ; pas de porte coupe-feu aux entrées des appartements, ni par étage à la cage d’escaliers ; pas d’exutoires de fumées en toiture ; et surtout, système d’alarme démonté… Tous les ingrédients étaient présents pour favoriser un drame, lorsqu’un incendie surviendrait. Le 20 février 2003, 7 personnes ont péri.
En matinée, Victor Zdanov avait déclaré les limites de sa responsabilité technique : « les décisions prises en comité de gestion, c’était aux services techniques de les vérifier sur le terrain. Et c’est la SWL, et non la société, qui faisait le choix de la priorité des travaux. » Il avait même avoué « n’avoir pas été au courant du dernier rapport des pompiers d’août 2001. »
Sorelobo dans l’illégalité ? Christian Henry, procureur du roi, a précisément retrouvé l’arrêté royal de décembre 1972, qui stipulait que la norme à laquelle tous les bâtiments élevés à logements multiples devaient satisfaire, s’appliquait de manière rétroactive. Les Mésanges dataient de 1969… Le procureur réclame la condamnation de la société, et pour Zdanov et Lafosse, « une peine légère vu le délai raisonnable dépassé. » Et s’excuse au passage auprès des victimes, de la lenteur de l’appareil judiciaire. Les parties civiles plaideront mercredi.


