Des logements au fait de l’actualité à Schaerbeek

Un esprit industriel a été conservé dans chaque appartement grâce aux briques apparentes et au métal.
Un esprit industriel a été conservé dans chaque appartement grâce aux briques apparentes et au métal. - Nathalie Van Eygen.

Pour tous les journalistes, la rue Pelletier à Schaerbeek était synonyme de Belga. L’agence de presse belge y a eu son siège pendant des années avant de décider de s’installer près de Sainte-Catherine dans des locaux plus modernes. Au fil du temps, Belga avait transformé les lieux, ajoutant des annexes pour tenter de loger tous ses employés. Seulement, ces constructions un peu anarchiques ont été faites au détriment du confort de travail et surtout de la lumière. C’est donc avec un certain soulagement que le personnel a changé d’environnement. Mais ensuite, comment redonner corps à cette papeterie transformée en agence de presse ?

Le challenge fut remporté par Thierry Herpain. Dès sa première visite, il est tombé amoureux des lieux. « Je voyais le potentiel de l’endroit, explique-t-il. C’est un produit totalement atypique puisqu’à l’origine, il s’agissait d’une papeterie, celle de Monsieur Pelletier. Cet homme a réellement dessiné le visage de la rue qui porte aujourd’hui son nom puisqu’il a construit dans le prolongement de son usine, des maisons pour ses cadres. Cela donne une unité incroyable. »

Belga avait conservé les façades en briquettes mais, à l’intérieur, les éléments du passé avaient été masqués par la modernité : le gyproc. L’intérieur de l’îlot était également entièrement construit. Impossible donc d’imaginer vivre dans un lieu si étriqué.

Apporter de la lumière

« Je pense que nous sommes un des seuls promoteurs qui décident de transformer du bureau en logement et qui perdent de la surface habitable. Nous ne pouvions pas faire autrement si nous souhaitions donner de la lumière à tous les logements. »

Et il faut dire que la réussite est totale. Dès l’entrée, le visiteur est face à une percée complète de l’îlot. A sa droite, une annexe a été reconstruite contenant quelques appartements. A gauche, l’immeuble historique a été entièrement transformé. Et au fond, c’est un petit jardin intérieur qui attire l’œil. « Nous voulions jouer sur l’intérieur/extérieur, commente Bernard Van Dessel, architecte au cabinet Arcade Archi, concepteur du projet. Notre défi le plus important était de rendre de la lumière aux 20 logements. Nous voulions aussi qu’ils aient tous un accès vers l’extérieur. Ainsi, pour le dernier étage, il a fallu être inventif pour conserver le toit historique avec les pignons comme le désiraient les Monuments et sites, et aménager des terrasses. Nous avons donc creusé le toit, mais cela ne se voit pas depuis l’espace public. »

Le projet comporte en majorité des lofts avec une ou deux chambres. La séparation se fait uniquement avec une porte coulissante qui permet la création d’espaces privés. Les appartements compris entre 67 m² et 137 m² conservent à chaque fois un côté industriel avec un mur en briques apparentes. « Ils sont aussi tous différents, ajoute l’architecte. Il a fallu s’adapter à la configuration des lieux, ce qui n’était pas facile. Il était important de conserver l’énergie des lieux. Nous sommes vraiment sur un produit atypique. »

Grâce à ses finitions haut de gamme, à un parking en sous-sol et une salle commune de fitness, Herpain vise une clientèle européenne ou bien installée dans la vie. Des personnes ayant vendu leur maison les enfants partis, désirant revenir en ville tout en conservant une ouverture sur l’extérieur sont aussi courtisées par le promoteur. En tout, il a dépensé 4 millions d’euros pour les travaux afin d’avoir un immeuble basse énergie. A la vente, les appartements tournent autour de 3.800 euros du mètre carré hors taxe. Mais comme il s’agit d’un produit de charme, ce ne sont pas toujours les plus grands qui sont les plus chers.

 
 
 
 
 
 

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