Le rescapé a revu son sauveteur
ITTRE Samedi, Jacques tombe dans l'eau glacée du canal en apportant aide à son chien. Un cycliste alerte les secours.
Quarante-huit heures après une balade qui a failli lui être fatale, Jacques d’Heure a revu, lundi, Pascal Vanostende, son sauveur, sur les lieux de l’incident, non loin de l’écluse d’Ittre.
Samedi, il est environ 11 h 15 quand le berger suisse de Jacques décide tout à coup de piquer une tête dans l’eau du canal. Mais à cet endroit, il est difficile, voire impossible, de remonter seul sur la berge. Jacques tente alors d’aider son fidèle compagnon… mais tombe à son tour. « Je suis un excellent nageur à la base. Mais là, avec toutes mes couches de vêtements et mon ciré, je n’arrivais pas à rejoindre la berge. Je me suis mis sur le dos et j’ai commencé à battre des pieds pour rester le plus près possible du bord », raconte Jacques, citoyen de Braine-l’Alleud.
Un cycliste passe heureusement par là et aperçoit les deux victimes dans l’eau. « Il m’a dit qu’il ne savait rien faire mais qu’il allait revenir avec de l’aide. » Les Cadets de la Marine d’Ittre, qui effectuent des exercices à proximité, sont alertés. Leur officier prévient Pascal, un Fleurusien de 47 ans, qui donne un coup de main comme auxiliaire de vie au sein des Cadets. Pendant que le lieutenant Cornelis appelle les pompiers, le second maître, Fabienne Riguel, coordonne les secouristes. Les jeunes retirent leurs pulls et tressent une corde. Pascal, officier dans les forces spéciales et pompier à Fleurus, est le premier de cordée. « L’eau était glacée ! J’avais le souffle coupé. Au fond de moi, je me demandais si j’arriverais à retourner vers la berge une fois que je l’aurais attrapé. Quand je suis arrivé à ses côtés, il était gris-vert, quasi inconscient. Il ne répondait plus à mes questions. Même la branche de bois que j’ai voulu lui mettre dans les mains, il ne l’a pas serrée. À ce moment-là, j’ai pensé que je risquais ma vie pour sauver un homme pour qui c’était peut-être déjà trop tard. Mais je suis resté positif et j’ai continué, il fallait que ce monsieur s’en sorte ! », relate Pascal, encore ému.
« Sans Pascal, je ne serais plus là aujourd’hui, c’est certain. Quelques minutes avant qu’il me sorte de là, je m’étais dit que j’allais y rester. Je lui dois une fière chandelle », commente Jacques.
Une fois sur la terre ferme, le cycliste et Pascal le déshabillent et lui font enfiler un pull sec. « On s’est mis à genoux et on l’a ceinturé entre nous pour le réchauffer », précise Pascal. En hypothermie, le Brainois est pris en charge par les pompiers de Tubize.
Le début d’une belle amitié ?
Cash, son chien, est déjà sorti de l’eau grâce à l’intervention des Cadets de la Marine et du second maître Provost. Bien que légèrement blessé aux pattes, il est à nouveau aussi vif que son maître.
« Je suis heureux de vous voir tellement vivant et dynamique ! Vous ne pouvez pas savoir mon soulagement…, lâche ce lundi Pascal. Un de ces jours, vous viendrez manger chez moi avec votre épouse », poursuit le Fleurusien en échangeant ses coordonnées avec Jacques. Le début d’une belle amitié ? Sans aucun doute !



