Saint-Nicolas non plus ne veut pas d’une prison

Initialement prévue, l’extension de Lantin n’aura pas lieu. Il faut trouver un autre endroit.
Initialement prévue, l’extension de Lantin n’aura pas lieu. Il faut trouver un autre endroit. - M.TONNEAU

Une nouvelle prison est à l’ordre du jour en région liégeoise, et plus particulièrement à La Chimeuse, un terrain à cheval sur Sclessin (Liège) et Tilleur (Saint-Nicolas). A peine pressentie, l’annonce a fait l’effet d’une bombe dans la commune saint-clausienne. C’est non !

Pour le moment, il ne s’agit qu’une des possibilités annoncées par le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), tout comme les autres proposées dans l’agglomération liégeoise. Ceux-ci sont en fait des alternatives trouvées à l’extension de la prison de Lantin à Juprelle auparavant proposée. La population juprelloise s’y était largement opposée, tout comme le conseil communal qui avait rendu un avis défavorable. La bourgmestre de la commune Christine Servaes (CDH) avait déclaré que deux établissements pénitentiaires sur le territoire suffisaient amplement : « On a assez donné », avait-elle scandé.

En effet, le master plan III du gouvernement fédéral prévoit l’implantation d’ici 2022 d’une nouvelle maison d’arrêt à proximité immédiate de l’actuel établissement pénitentiaire de Lantin. Le plan vise la démolition de la grande tour de huit étages qui abrite la maison d’arrêt et ses 340 places pour les détenus attendant leur jugement. La tour devait être remplacée par une nouvelle maison d’arrêt de 312 places sur un terrain agricole de six hectares, situé juste à côté de l’enceinte actuelle. Or l’extension de la prison allait entraîner l’expropriation de six à huit hectares de la ferme à l’Arbre de Liège, qui pratique une agriculture 100 % bio. Cette hypothèse, récoltant une pétition de plusieurs milliers de signatures contre, a donc été abandonnée au grand soulagement des agriculteurs et fermiers de la commune.

Une analyse en cours

C’est ainsi que Willy Demeyer, président de la conférence des bourgmestres de l’arrondissement de Liège, a annoncé en mars dernier que la Société publique d’aide à la qualité de l’environnement (Spaque) a été chargée d’analyser la possibilité d’implanter une prison sur le site de Chimeuse, après avoir envisagé l’ancien site militaire de Glons (Bassenge). Elle privilégierait ainsi l’implantation d’une prison sur des friches industrielles et non plus sur des terres agricoles. La Chimeuse a justement servi il y a quelques années à des opérations d’évacuation de terres polluées, notamment au cyanure.

Mais le bourgmestre de la commune de Saint-Nicolas n’est pas de cet avis. Il explique son refus catégorique par plusieurs raisons, notamment par les frais supplémentaires qu’une implantation pénitentiaire impliquerait sur le territoire. L’engagement de nouveaux policiers, par exemple. Par ailleurs, l’endroit proposé est une friche industrielle mais dont les alentours sont fort peuplés. D’autres projets sont en outre envisagés sur ces terrains-là…

Les alternatives? Majoritairement des friches industrielles

Par E.K.

L’idée d’une nouvelle prison dans l’arrondissement de Liège fait l’objet de nombreuses discussions au sein de la conférence des bourgmestres, qui, par ailleurs soutient le projet de La Ceinture aliment-terre liégeoise qui consiste à transformer en profondeur le système alimentaire régional. Une volonté qui renforce l’idée de ne pas supprimer des terres agricoles…

Ce sont donc dorénavant plusieurs friches industrielles qui sont pressenties comme éventuels foyers pour la prison. Parmi ceux-ci, outre la Chimeuse, l’ancien site militaire de l’Otan à Glons, le site de l’ancienne cimenterie Holcim à Haccourt ou Hermalle-sous-Argenteau, des terrains situés à Oupeye. Ou encore des espaces situés sur les communes d’Ans ou Herstal, où les bourgmestres ne se positionnent pas encore…

 
 
 
 
 
 

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