«CLAP» de départ pour un autre futur

L’ancienne salle des pas perdus de la gare de Court-Saint-Étienne offre sa lumière aux partisans d’un autre futur économique pour le centre du Brabant wallon.
L’ancienne salle des pas perdus de la gare de Court-Saint-Étienne offre sa lumière aux partisans d’un autre futur économique pour le centre du Brabant wallon. - J.-P. D.V.

Les lieux sont chargés d’histoire. Les locaux de l’ancienne gare de Court-Saint-Étienne ont été transformés en un lieu branché, intitulé « Quatre-Quarts » où « l’humain est placé au centre » des préoccupations. Ils sont gérés par une coopérative à finalité sociale, avec quatre parties distinctes allant de la cantine aux ateliers, en passant par une librairie et de l’artisanat. Et l’on peut y payer en « talent », la monnaie locale.

C’est là, ainsi que dans « La rue du Web », un espace de coworking pour startups actives dans le monde numérique, la communication et la formation à l’Axisparc, à Mont-Saint-Guibert, que s’est forgée la création de « CLAP », un mouvement économique nouveau rassemblant des citoyens d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, de Mont-Saint-Guibert et de Court-Saint-Étienne rassemblés et motivés sur la notion de « transition ».

Le mot est lâché. Il est fort à la mode pour ceux qui souhaitent offrir un autre futur et pour améliorer la santé de la Terre, dans l’optique de la « co-opération ». Avec un « clap » identique aux séquences de tournage d’un film pour exprimer l’ambition de changer de scène d’ici à 2030.

« Nous pensons que nous devons profiter de la révolution numérique en cours et de l’arrivée prochaine des Chinois à Louvain-la-Neuve pour imprimer un nouveau mouvement, souligne Philippe Delvaux, un des initiateurs. Au cours de deux forums citoyens, avec une quarantaine de participants chaque fois, nous avons voulu partir de suggestions citoyennes pour lancer différents projets concrets (voir ci-dessous). La prochaine réunion (1) est planifiée le 23mai, à 19 h 30, dans l’auditoire Agora 1, place Agora, à Louvain-la-Neuve. »

Et Paul Thielen, le président sortant de l’Association des habitants, d’appuyer : « La construction du China Belgium Technology Center (CBTC) est une opportunité à saisir, un défi à relever pour créer de l’emploi. Cela ne sert à rien de hurler “Non au péril jaune !” Les Chinois sont là et ils sont désireux comme nous, dans cette “smart valley”, de travailler en étroite collaboration, sur le monde de la transition. On le verra le 6 mai lors de la journée Chantier ouvert, et le 24 septembre lors d’une réunion avec l’Association des Habitants, l’UCL, le Kot-é-Chine… »

Il reste que la réalisation des projets déjà mis en avant ne pourra pas se faire sans la mise en place d’un « Fonds de la Transition » destiné à les financer, que soit à l’occasion d’un prêt ou via une prise de participation dans le capital.

« Et, ici, il ne sert à rien de réinventer ce qui existe déjà ! », prévient Alain Boribon, un habitant de Bousval qui a décidé d’apporter son soutien au CLAP. Il est vrai qu’il est cofondateur du Citizenfund, une coopérative citoyenne d’investissement qui soutient concrètement des projets de transition dans la capitale : « Pour un investissement de 250 euros la part, on devient coopérateur, avec une voix dans les décisions. L’objectif n’est pas de rechercher les bénéfices à tout prix, mais il faut que les projets soutenus soient autoportants. »

(1) Inscription gratuite, mais souhaitée via la page Facebook CLAP2030.

Philippe Delvaux: «Rendre la transition économiquement viable»

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Philippe Delvaux.

Ce n’est pas parce qu’on est étiqueté politiquement que l’on n’est pas d’abord citoyen. On peut ainsi être conseiller communal Écolo à Ottignies-Louvain-la-Neuve et être, avec d’autres, à la base d’un mouvement qui se veut avant tout économique. Entretien avec Philippe Delvaux, un Cérousien de 48 ans.

Pourquoi trois communes seulement ?

Ce n’est pas limité, puisque nous lançons un appel aux citoyens pour venir renforcer nos rangs. Déjà des personnes de Bousval ont fait le pas. Il faut cependant un point de départ. Et nous sommes précisément au centre du Brabant wallon, au centre du pays et au cœur de l’Europe, avec des entités aux caractéristiques communes qui nous laissent entrevoir la possibilité de mettre en place un nouveau modèle économique, créateur de prospérité.

La transition fait plutôt penser au bénévolat…

C’est vrai que c’est le cas jusqu’ici, car lancer une initiative ne demande généralement pas un capital de départ très important. Cependant, nous pensons qu’il est temps de passer à l’action pour accélérer le processus en cours. Dans cet état d’esprit, nous pensons qu’il est possible et nécessaire de rendre cette transition économiquement viable.

Tout en créant du lien ?

C’est un des objectifs recherchés. Nous voulons rendre la gouvernance davantage aux mains des citoyens, en partant de leurs aspirations, en provoquant le passage de « aujourd’hui » à « demain ». Tout cela ne pourra réussir que dans le cadre de liens sociaux très étroits.

Quatre projets émergents

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Un café associatif à Ottignies

Un endroit pour les habitants, où favoriser les rencontres, développer les échanges de compétences ou de connaissances, et mettre en place des initiatives d’entraide. Le tout, autour d’un verre mais aussi d’un repas bio et local. « Nous cherchons un lieu dans le centre d’Ottignies, précise Anne-Françoise Simon. Nous avons ainsi des contacts avec la Ville, mais nous attendons aussi des propositions de citoyens lors d’une rencontre publique qui se tiendra le lundi 28 mai, à 19 h, dans la salle voûtée de la Ferme du Douaire (1). L’intention est de gérer écologiquement les lieux. Avec du mobilier recyclé, une gestion stricte des consommations d’énergie, une promotion de l’agriculture biologique et des circuits courts, et des déchets triés et composés. On pourra aussi s’y procurer du matériel d’occasion durable. »

(1). Tél : 0489-12 64 94.

 

De la permaculture dans des jardins

Le jardin de l’Espace Santé, la maison médicale d’Ottignies, sera l’un des lieux. Celui du collège Saint-Étienne, un autre. Et il y a déjà au moins trois autres jardins privés que se sont déclarés volontaires pour mettre en place des circuits courts, grâce à des citoyens qui prêtent leur propriété pour que leur lopin soit cultivé selon les principes de la permaculture, une philosophie de vie où animaux, plantes et humains vivent en harmonie, dans un environnement sain. « Nous lançons un appel (1) aux propriétaires qui accepteraient de prêter leur jardin, explicite Daniel Devos. Nous nous occuperons de la préparation du terrain, des plantations de légumes, du partage des outils, de la récolte et de la vente de la production. Pourquoi pas d’ailleurs en synergie avec le café associatif ? Et en plus de terrains, nous recherchons aussi des outils et un véhicule. »

(1) Tél : 0474-89 74 11.

 

Une plateforme des produits et services

Voilà qui s’apparente au lancement d’un « Amazon » local. «  Nous avons vu que Mathieu Michel (MR), le président du collège provincial, souhaite une telle initiative, mais nous en revendiquons la paternité car cela fait plusieurs mois qu’on en discute, appuie Philippe Delvaux. Notre objectif (1) est de lancer une plateforme des produits et services locaux. Cela permettrait de créer un maillage entre les acteurs économiques de la région, en répondant à un besoin exprimé par les artisans et producteurs pour résoudre leur difficulté de s’occuper de la vente de leur marchandise en plus de la production. Cela permettrait surtout de relocaliser chez nous des acteurs dans les secteurs de la logistique, du numérique, de la production ou de l’échange de services de support. Nous souhaitons enfin offrir une solution de livraison « tout en un » et mettre en place une gestion zéro déchets. »

(1) Tél : 0498-58 63 19.

 

Favoriser les liens entre les générations

Quel est votre plus ancien souvenir de jeunesse ? C’est le genre de questions que l’on trouve dans le jeu « Deux minutes ensemble » et qui peuvent permettre de rapprocher les générations. On pourra s’en rendre compte lors d’une première réunion qui se tiendra ce mercredi 18 avril, de 14 h 30 à 16 h 30, au Quatre-Quarts, à Court-Saint-Étienne. « Vient qui veut !, soulignent François Humblet et Julie Detournay. Cette première réunion servira de test afin de peaufiner les démarches pour les prochaines activités. Notre objectif est d’organiser une activité par mois. Une première réalisation consisterait dans une exposition de photos présentant des duos jeunes et aînés qui auraient appris à s’apprécier. À terme, l’ambition est que le groupe souche essaime dans les localités, afin de constituer différents groupes indépendants. Lesquels pourraient se rencontrer pour échanger des idées. »

(1) Tél : 0499-33 16 18.

 
 
 
 
 
 

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