Les demeures historiques misent sur les jeunes

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L’association a pour objectifs principaux la promotion, la défense et la sauvegarde du patrimoine historique privé. Elle vient de décerner ses prix annuels.

2018 est l’année européenne du patrimoine culturel, une occasion pour l’association, créée en 1934, de sensibiliser davantage le public et les instances politiques à ces préoccupations. Et son président Bernard de Gerlache de Gomery de rappeler qu’elle compte aujourd’hui 1.500 membres et entend mettre l’accent sur certaines missions.

La DHJB entend intensifier ses contacts avec les constructeurs et les promoteurs immobiliers dans les villes ainsi que les grandes entreprises afin que le patrimoine soit mieux respecté. « Nous souhaitons aussi motiver la jeune génération, explique le président. Ce n’est pas facile. Avoir un château ou une demeure historique, c’est un peu comme un bateau. Cela procure du bonheur mais c’est aussi une charge. Heureusement, de plus en plus d’activités culturelles, des visites, des événements etc. s’organisent. L’association est sensible à la question de la transmission. L’un de ses nombreux projets est de rassembler les jeunes repreneurs et gérants de demeures historiques au sein d’une cellule spécifique “Next Gen”  ».

La Wallonie embraye en prenant pratiquement le leadership européen en matière de protection du patrimoine privé. Le parlement de Wallonie a adopté le projet déposé par le ministre wallon du Patrimoine, René Collin, visant la mise en place d’un mécanisme d’exemption conditionnée de droits de partage, de donation et de succession des biens immobiliers classés comme monuments. Ce nouveau régime fiscal implique que le montant des droits exemptés devra être affecté à des travaux d’entretien, de maintenance ou de restauration.

Actuellement, il existe près de 2.973 biens classés comme monuments en Wallonie. Parmi ceux-ci, 1.034 monuments privés sont concernés par cette mesure. « Il s’agit d’une mesure win-win  : des travaux sont encouragés et parallèlement se crée une activité économique et de l’emploi (NDLR : appel à des artisans, des spécialistes…), ajoute Bernard de Gerlache. En Région bruxelloise, un bien classé peut être exonéré du précompte immobilier pour autant qu’il puisse être visité lors des journées du patrimoine. En Flandre, les biens peuvent être exonérés à raison de 50 % mais dans ce cas, ne peuvent plus bénéficier de subsides. »

Des coups de pouce bien nécessaires

A l’occasion de son assemblée générale au palais d’Egmont, des prix ont été décernés à des initiatives valorisant la restauration d’un patrimoine bâti ou de parc, voire même de création de jardin. Cette reconnaissance de quelques 17.500 euros a pour objectif de promouvoir les efforts de protection, de sauvegarde et de restauration d’un patrimoine privé ayant une spécificité architecturale, historique ou artistique.

Parmi les prix, citons le Prix Prince de Mérode pour le patrimoine décerné à la chapelle Cultuurkapel Odolphus à Dendermonde. Le Prix pour les parcs et jardins a été attribué ex æquo au Comte et à la Comtesse Hubert d’Ursel pour leur collection de glycines au château de Beerlegem et au couple Simon Marshal-Lockyer pour le jardin de leur demeure historique située au cœur de Damme. Enfin, le Prix des écoles a été décerné à la quatrième primaire du Gemeenschappelijk onderwijs de Zonnebloem de Kalken et le Prix du public aux troisième et quatrième primaires de l’Ecole communale Windwijzer de Laarne.

 
 
 
 
 
 

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