Pour l’amour du vingtième siècle
Six galeries à la Tefaf de Maastricht, autant à la parisienne Biennale, elles sont huit – sans compter celles qui exposent peintures contemporaines – à avoir leur place à la Brafa. Explications de cette percée avec Beatrix Bourdon, « fair manager ».
« Il y a une quinzaine d’années, aucune œuvre moderne n’avait accès à la Foire ! Les antiquités se devaient d’être des pièces de plus de cent ans d’âge et si un exposant souhaitait mettre en valeur une œuvre plus récente, il lui fallait obtenir l’autorisation du comité avec, pour clause, la condition de n’en présenter qu’une seule. Le premier à braver ces règles et à ouvrir la foire à des créations contemporaines fut Ronny Van de Velde avec des tableaux de Magritte… Les arts non européens aussi n’avaient pas leur place jusqu’au moment où, aux Beaux-Arts encore, Philippe Guimiot fit découvrir les arts premiers. Il sera rejoint vers 1995 par Pierre Dartevelle ; ils sont neuf cette année. »
de nouvelles spécialités
Les raisons de cette ouverture aux arts décoratifs et mobiliers du XXe et au design ? « Le souci de trouver de nouvelles spécialités – comme celles des signatures, de la photographie et, depuis quelques années, de la bande dessinée, clin d’œil à notre culture –, de répondre à la demande d’une présence accrue de l’art contemporain… tout en gardant un certain équilibre entre les différentes spécialités, poursuit Beatrix Bourdon. Une remarque toutefois : la Brafa n’a pas pour mission de lancer des artistes ni de proposer des show cases pour jeunes antiquaires. Les galeries invitées jouissent toutes d’une reconnaissance internationale et notre relation est basée sur la confiance. »
Coup de projecteur sur quelques-unes d’entre elles.
A la rencontre
de tous les styles
Nouvelle venue, la Galerie Dansk Mobelkunst (stand nº 71) met en évidence les pièces rares et originales de mobilier danois créé entre 1920 et 1970. Fondée en 1992 par Ole Hostbo, elle se concentre sur cette époque « où un cercle d’artisans, architectes et designers a gommé la distinction existant entre œuvre d’art et équipement fonctionnel de la vie de tous les jours. Une synthèse entre l’esthétique, l’utilitaire et l’artisanal ». A découvrir : des luminaires de Poul Henningsen, des sièges d’Arne Jacobsen ou de Poul Kjaerholm, du mobilier de Berge Mogensen.
La promenade en ce vingtième se poursuit avec la Galerie Marcilhac (stand nº 78) qui, depuis 1969, expose meubles et tapisseries d’André Arbus, créations de Jacques Adnet, Eugène Printz ou sculptures de Joseph Csaky. Et organise des expositions rétrospectives monographiques de sculpteurs, de peintres ou d’ensembliers décorateurs.
Dans la galerie Jean-Jacques Dutko (stand nº 69), l’antiquaire se plaît à mélanger meubles et objets d’art déco d’artistes renommés avec l’art moderne et contemporain. Quand il n’invite pas ses contemporains à créer des meubles !
Ou, plus audacieuse encore, la galerie d’Axel Vervoordt (stand nº67) qui n’hésite pas à faire dialoguer objets archéologiques, sculpture orientale, mobilier XVIIIe, design XXe et art Zero et Gutai. Toute une conception de la décoration d’intérieur…







