Arts primitifs
Arts premiers d’Afrique, ils étaient à peine trois antiquaires à la parisienne Biennale. Soit le Français Bernard Dulon encadré de deux de nos compatriotes : Bernard de Grunne – qui sera bientôt à la Tefaf de Maastricht – et Patric Didier Claes – que l’on retrouve à la Brafa. Rencontre avec ce jeune vice-président, côté francophone, du Comité organisateur de la Foire qui a ouvert sa galerie en 2001 et est présent, fidèle, à Tour & Taxis depuis dix ans.
Le choix de l’excellence
Trois représentants de l’art précolombien – moins accessible financièrement –, six pour les arts d’Afrique et d’Océanie, « ce qui, malgré les nombreuses demandes de participation, fait un de moins que l’an dernier. Mais saluons la fidélité des participants et le retour d’Alain de Monbrison – qui ouvrira bientôt une galerie rue des Minimes –, un grand spécialiste en ce domaine, commente Didier Claes. Notez que le nombre d’exposants est volontairement limité à un maximum de huit. Nous ne souhaitons pas faire Bruneaf dans la Brafa, mais recevoir des galeries qui apportent quelque chose à la foire, offrent de belles découvertes, proposent des objets méconnus ». Ce qui sera le cas avec Pierre Dartevelle notamment.
Invité en 1995 par Philippe Guimiot à le rejoindre à la foire des Beaux-Arts, Pierre Dartevelle promet de présenter, dans un stand à l’ambiance coloniale, des pièces d’un rare intérêt. Exemples ? « Une terre cuite provenant du Mali et datant du XIIIe-XVe siècle, un fétiche à clous, un masque en bois peint des Biombo du Kasaï (RDC) et encore une statue lulua au buste très scarifié, véritable condensé de l’art africain. » Autant de pièces, parmi d’autres, provenant de sa collection personnelle et de vieilles collections coloniales.
Autant de valeurs sûres
Quid du marché de l’art africain aujourd’hui ? Pour Pierre Dartevelle, dans le métier depuis plus de quarante ans, « les arts d’Afrique étaient à l’origine plutôt confidentiels. Un peu le fait du prince. Ils ont désormais pris leur place dans le monde des arts et, valeurs sûres, sont recherchés par nombre de collectionneurs et amateurs. Mais attention : il y a raréfaction de l’antique et, exception faite de l’ivoire, les pièces plus que centenaires n’ont pu être conservées. D’où l’importance des labels pour se prémunir des faux ».
L’art africain, un refuge, un investissement, comment expliquer l’écart de participations entre les trois grandes foires, Paris, Bruxelles et Maastricht alors que les collectionneurs fréquentent autant notre capitale que les Pays-Bas ? Pour Didier Claes, les choix se sont faits il y a dix ans. « La Brafa s’installait à Tour & Taxis, débutait une nouvelle ère et la Tefaf était alors la foire la plus importante. Vu la proximité des dates – janvier pour l’une, mars pour l’autre – et l’impossibilité de renouveler son stock en si peu de temps, les antiquaires ont dû jeter leur dévolu sur l’une ou l’autre. » Définitivement ?


