Coup de fraîcheur en peinture : la clientèle rajeunit
On prend les mêmes et on recommence ? Vive les incontournables Renoir, Miro, Chagall, Dufy, Nicolas de Staël, Poliakoff, Warhol, Sam Francis. Nos Ensor, Spilliaert et Rik Wouters sont très présents, mais encore Alechinsky et Jan Fabre, etc. Et toujours l’inoxydable Magritte comme une valeur chocolat, grâce au retour au pays de La belle lurette (Ages ago) (galerie Jörg Schumacher, stand nº2). Cette petite huile signée est une œuvre ultratardive (1965), Magritte ayant abandonné la partie en 67. Elle est passée en ventes publiques en 1970 chez Sotheby’s Londres. La voici à Bruxelles, pleine du mystère du silence… A voir aussi, une Schéhérazade (1947), gouache sur papier à la galerie Guy Pieters (stand nº46).
« Le marché est bon mais il doit évoluer, trouver une nouvelle clientèle, plus jeune, confirme le galeriste belge Patrick Lancz (stand nº101). En peinture, le marché de l’art ne souffre pas de la crise : on trouve facilement des clients, ce sont les pièces qui deviennent rares. Les goûts s’orientent davantage vers les années 50. »
Patrick Lancz présente deux grands moments picturaux : les modernes des années 20 et les années 60. « Je suis très fier d’un Georges Morren de 1870, Le Verger. C’est un très beau format (1 m sur 1,75 m), au tout début du pointillisme. »
Le feu aux cotes
Les spécialistes mettent majoritairement l’accent sur les valeurs sûres, quand certains artistes provoquent une frénésie de consommation garantie. Sans pour autant suivre les mêmes courbes car les marchés sont différents, de beaux résultats en salles de ventes peuvent mettre le feu aux poudres. C’est le cas de l’Américain Jean Michel Basquiat, mort d’overdose en 1988, à 27 ans, excellent numéro parmi les artistes des ventes postwar et contemporaines. Pour avoir mené grandes rétrospectives et présence incontournable dans les foires d’art contemporain, la cote de l’étoile filante a réalisé selon Artprice un montant cumulé de 79,9 millions d’euros en enchères publiques entre juillet 2011 et juin 2012. L’Untitled (Head) que présente Guy Pieters date de 1986, apogée d’un crack pour lequel les collectionneurs portent davantage d’attention aux premières années, entre 1981 et 1982, celles qui battent tous les records aux enchères (stand nº46).
L’œuvre picturale a toujours eu la part belle à la Brafa. Et l’art ancien ? A Bruxelles, la présence de tableaux anciens se raréfie, mais on peut acheter des œuvres non dépourvues d’un poids historique.
Jan Muller Antique présente Voyageurs dans un paysage boisé (1640-1650) de Jan Breughel le Jeune, entre 200 et 300.000 euros (stand nº34). A tout prendre, une huile de Rik Wouters atteint 100 - 250.000 euros à la galerie Harold t’Kint (stand nº93). Chez Oscar De Vos (stand nº20), Nel souriante (1912) caresse un prix plus élevé, probablement à sept chiffres…


