Nouvel incinérateur à Pont-de-Loup ?
Dans la sérénité, une centaine de personnes ont participé à Aiseau à la réunion d’information sur la rénovation du four nº3 de l’usine ICDI de Pont de Loup. Certains mettent en doute la pertinence de ce projet. Pour les riverains, l’impact sur la santé et sur la dévaluation immobilière doit être pris en compte.
L’ étude d’incidences en vue du renouvellement du four nº3 de l’usine d’incinération de déchets ménagers de l’ICDI (intercommunale de collecte et de destruction des immondices de Charleroi) est lancée. Une centaine de riverains, mandataires locaux (Aiseau-Presles et Farciennes mais personne de Châtelet), députés régionaux ont fait le déplacement mercredi soir pour assister à la première réunion d’information de cette longue procédure.
Lors d’une séance de questions animée par l’ancien journaliste de la RTBF Jacques Bredael, de nombreuses observations ont fusé. D’opportunité d’abord. Des participants se demandent en effet s’il est indispensable de consacrer 55 millions d’euros d’argent public à la rénovation d’un outil qui existe déjà ailleurs. « La Wallonie souffre d’une surcapacité d’incinération : les installations d’Intradel à Liège et d’Ipalle à Tournai ne sont pas saturées, elles cherchent du tonnage. » Questions de lieu ensuite : le bourgmestre PS d’Aiseau Presles Jean Fersini l’a suggéré : « Ne peut-on pas envisager de délocaliser ce projet pour le mettre là où il dérangera le moins de monde possible au sein de la zone ICDI ? » Une alternative que le CDH Philippe Charlier semble avoir présentée comme « une piste à l’étude dans le comité de gestion de l’ICDI », ce qui a été formellement démenti. Réponses des responsables de l’intercommunale : deux fois non ! : « D’une part parce que des directives imposent de traiter le déchet au plus près de sa source de production. Envoyer le surplus de déchets ménagers à plus de 100 kilomètres, cela n’aurait pas de sens. De l’autre, parce que le déplacement de l’usine doublerait voire triplerait l’investissement. Et les terrains en
bordure de voie navigable ne sont pas légion », selon le président Monseux (PS).
Autre remarque avancée : les chiffres qui ont alimenté l’élaboration du plan de développement stratégique de l’ICDI ne correspondraient pas à la réalité. « L’intercommunale est partie d’une base supérieure aux besoins de sa zone, elle minimise l’impact de la collecte sélective de déchets organiques qui peut réduire le poids des poubelles de 40 kilos par habitant par an. » Faux, a rétorqué le directeur général Olivier Bouchat : « Les performances des collectes sélectives sont réalistes et le projet industriel y est parfaitement adapté. Ce dernier comporte de nombreuses améliorations : visuelles par une meilleure intégration paysagère, environnementales grâce à une réduction des rejets atmosphériques polluants. Surtout, l’usine remise à neuf jouera un rôle de producteur de chaleur et d’électricité. »
Cette image d’un incinérateur présenté comme une centrale énergétique a eu le don d’exaspérer les riverains. Leur porte-parole Irma Fabro a demandé « si l’étude d’incidence tiendrait compte de l’impact du projet sur la santé humaine et sur la dévaluation immobilière. » La remarque a été actée. « Le mois prochain, les résultats d’une étude de santé et de qualité de l’air dans les quatre communes exposées à l’activité seront rendus publics », a indiqué le député bourgmestre de Farciennes Hugues Bayet (PS). Cela apportera de nouveaux éléments.
Avec ou sans accord de subsides régionaux, l’ICDI compte avancer : le renouvellement de sa ligne 3 ira de pair avec un démantèlement des installations obsolètes. Objectif : mettre en service fin 2017, en 2018 au plus tard.
Jusqu’au 31 janvier prochain, c’est exclusivement par courrier au collège communal d’Aiseau-Presles que les opposants pourront formuler leurs remarques, suggestions mais aussi alternatives raisonnables, selon le député Desgain (Ecolo). Le calendrier prévoit le dépôt de la demande de permis au printemps 2014. L’enquête publique offrira alors une ultime occasion aux riverains de s’exprimer. Il appartiendra alors aux fonctionnaires technique et délégué de la Région wallonne de statuer.







