« Les communes rurales flouées »

Christophe Halbardier
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Député fédéral MR, David Clarinval est aussi bourgmestre de la petite commune de Bièvre, dans le Sud de la province de Namur.  Il est excédé par une décision du gouvernement wallon, qui pénalise les petites communes.

  • Pour David Clarinval, « le PCDR est important : il nous permet de financer des projets qui donnent un peu de plus-value à nos communes ». © d.r.
    Pour David Clarinval, « le PCDR est important : il nous permet de financer des projets qui donnent un peu de plus-value à nos communes ». © d.r.

En octobre dernier, le mécanisme des PCDR (Plan Communal de Développement Rural) a été discrètement modifié. Ce qui a eu pour effet de diminuer la part de subsides dans certains types de travaux communaux. Ce qui met le député-bourgmetre de Bièvre, David Clarinval en colère. « Le PCDR est le seul mécanisme qui aide les communes rurales, et on le rabote. La Région wallonne ne veut plus qu’on ait des projets ambitieux ? Concrètement, pour constituer un PCDR, il faut respecter un processus de consultation de la population, puis mettre en place une commission qui choisit de retenir des projets, explique David Clarinval. Ces projets sont ensuite envoyés à la Région wallonne qui, si elle les acceptait, les subsidiait à hauteur de 80 % ».

Une part plus qu’importante. « C’est un processus assez long, mais qui permettait à une commune comme Bièvre de financer des projets ambitieux. Grâce à cela, on a construit par exemple la salle polyvalente de Bellefontaine. Ce sont des projets qui coûtent souvent 900.000 voire un million d’euros. Grâce au PCDR, la commune ne devait en débourser que 200.000 ».

Devait, car depuis octobre, la part de subsides a diminué : pour un projet à un million d’euros, Bièvre pourrait devoir débourser… 450.000 euros. Contre 200.000 euros auparavant.

Un constat qui fait râler David Clarinval, d’autant plus que dans le même temps, les grandes villes se plaignent souvent d’être défavorisées. « Dans une interview le bourgmestre de Liège se plaignait que les grandes villes étaient le parent pauvre des politiques publiques. Mais c’est faux ! Que ce soit de l’État fédéral ou de la Région wallonne, elles reçoivent une quantité d’aides ».

Les communes rurales ont, de plus, d’autres faiblesses : une plus petite capacité de lobbying auprès des ministres, une couverture GSM parfois défaillante, un moins bon réseau internet… « Je sais que le contexte budgétaire est difficile. Mais le PCDR était le seul mécanisme wallon favorable aux communes rurales. Et on l’affaiblit. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Franchement, le parent pauvre des politiques publiques, ce sont les communes rurales, pas les grandes villes. »

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