Le Belge a deux briques dans le ventre

Même à la mer du Nord, le Belge préfère acheter une maison plutôt qu’un appartement.
Même à la mer du Nord, le Belge préfère acheter une maison plutôt qu’un appartement. - ROGER MILUTIN

Selon le leader du marché, BNP Paribas Fortis, vous êtes 20 % de la population à avoir souscrit à un crédit immo pour acheter une seconde résidence… Un chiffre représentatif : la première banque du pays brasse un quart du marché des prêts hypothécaires et un cinquième de cet encours est consacré à l’acquisition d’une deuxième maison ou appartement. « En réalité, la tendance n’est pas nouvelle. Le boom est entamé depuis 2014 », constate Sébastien Degand, spécialiste de la question chez BNP Paribas Fortis.

1 Pourquoi une telle croissance ? Ne cherchez pas trop loin : si nos compatriotes souhaitent aussi souvent devenir une seconde fois propriétaire, c’est d’abord en raison – l’argument semble éternel – des taux bas sur les marchés. D’un côté, les carnets d’épargne ne rapportent plus rien. De l’autre, les intérêts exigés par les banques sur les emprunts sont encore au plancher. « De 2014 à 2015, le marché de la seconde résidence a explosé de 20 % chez nous. Pour se tasser légèrement en 2016 et repartir à la hausse en 2017 », précise-t-on chez BNP Paribas Fortis.

L’année passée, l’encours de ce segment particulier a progressé de 6 %. En se basant sur les chiffres communiqués par l’Union professionnelle du crédit (BNP Paribas Fortis ne révèle pas tous les secrets « maison ») et sur la part de marché de la première banque du pays, on peut estimer à la grosse louche que l’institution a accordé pour 1,55 milliard d’euros de prêts destinés à l’achat d’un second bien immobilier. « Le contractant type, en moyenne, a 45 ans, dispose déjà d’un bas de laine et préfère un placement sûr, comme la brique, à l’incertitude d’un investissement sur les marchés, qu’il juge trop risqué ».

La démarche est, dans la large majorité des cas, motivée par un pur souci de rendement. 70 % des secondes résidences achetées seront mises en location (ceci expliquant cela, les revenus locatifs, chez nous, sont soumis à une taxation très clémente).

2 Où le Belge achète-t-il ? Le Belge acquiert une seconde résidence dans l’espoir de générer des revenus supplémentaires, il vise donc, en priorité, la proximité : 80 % des biens visés se trouvent à l’intérieur de nos frontières. Sans surprise, la Côte (Knokke, au top, concentre 23 % des nouveaux prêts sur la zone) et les Ardennes (Durbuy est la zone la plus recherchée, avec 12 % des nouveaux crédits) restent les régions les plus privilégiées car, également, les plus touristiques du pays.

En toute logique, également, les villes « estudiantines » comme Gand, Louvain ou Louvain-la-Neuve concentrent un grand nombre de biens destinés à des fins locatives.

Enfin, et ce même à la mer du Nord, le Belge préfère acheter une maison (63 % des crédits) qu’un appartement.

3 La dolce vita ? A l’étranger. Changement de paradigme. Quand la seconde résidence est située à l’étranger, l’achat est alors bel et bien motivé par le loisir (uniquement 8 % des achats hors Belgique sont consacrés à la location). Un contractant sur deux, a, dans ce cas de figure, plus de 50 ans. Trois pays s’imposent favoris des Belges (avec 79 % de la production) : l’Espagne, la France et un nouveau venu, l’Italie (avec un bond de 48 % sur un an).

Un dernier succès qui s’explique par une forte diminution des prix de l’immobilier dans le pays. En moyenne, le Belge s’est endetté de 159.000 euros pour une seconde résidence italienne en 2016. Montant raboté l’année passée à 136.000 euros.

De manière générale, le Belge contractera un crédit plus important lorsque la seconde habitation est à l’étranger et destinée uniquement à son plaisir personnel ou familial. On le reconnaît bien là.

 
 
 
 
 
 

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