Le gouvernement wallon «menace la concertation sociale», selon patrons et syndicats

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Le gouvernement wallon risque de mettre à mal le modèle de concertation sociale entre les interlocuteurs sociaux, dénoncent en cœur patrons et syndicats dans les pages de L’Echo, jeudi. Ils réagissent à un avant-projet de décret adopté en deuxième lecture le 5 juillet dernier, visant à modifier le fonctionnement du Conseil économique et social de Wallonie (CESW).

Cet organe consultatif où siègent patrons et syndicats rend des avis sur les projets de décrets et les arrêtés de l’exécutif wallon. Le gouvernement MR-cdH souhaite voir siéger au CESW des représentants du monde environnemental.

Pour les interlocuteurs sociaux, il s’agit d’une ingérence du politique au sein de cette structure, comme ils le dénoncent dans un avis remis au gouvernement le 18 juin dernier et adopté à l’unanimité au bureau du CESW par les représentants du banc patronal (UWE, UCM) et syndical (CSC, FGTB).

« Dilution de la fonction consultative »

« Les partenaires sociaux sont conscients des aspects environnementaux mais je ne comprends pas très bien cette volonté du gouvernement », explique Thierry Bodson, patron de la FGTB wallonne et président faisant fonction du CESW. « En ouvrant l’assemblée à des environnementalistes, il met à mal la parité. On va se retrouver avec des personnes qui vont défendre des intérêts catégoriels et non intersectoriels. Le risque est de ne plus arriver à rendre des avis unanimes mais majoritaires et au final de permettre au gouvernement de ne plus tenir compte des avis des interlocuteurs sociaux. »

En outre, d’autres acteurs pourraient prétendre à être membres du conseil, ce qui induirait un processus de dilution de la fonction consultative, pointent les partenaires sociaux.

 
 
 
 
 
 

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