Le froid menace les sans-abri
CHARLEROI Le froid de ces derniers jours a grossi les rangs des mal logés qui s'adressent aux structures du Relais social de Charleroi. Un certain nombre de sans-abri préfèrent rester dans leurs squats
Chaque soir depuis le début de l’offensive hivernale, ils sont une centaine de mal logés à affluer vers les abris de nuit carolos. Comme à chaque épisode climatique du genre, le froid a allongé les files d’attente aux abords des structures d’urgence et a guidé vers les éducateurs qui y travaillent de nouveaux visages. « Vu que les températures ont plongé en dessous de zéro degré et qu’une demande existe, l’abri de nuit de crise, situé à Mont-sur-Marchienne, a ouvert, explique Suzanne Huygens, coordinatrice du Relais social de Charleroi. Il vient en renfort des autres structures existantes. Nous constatons la même croissance du nombre de bénéficiaires durant la journée. Depuis plus d’une semaine, les locaux qui servent à l’accueil de jour et de soirée sont plus fréquentés. Pour l’heure, nous arrivons à faire face. »
Le froid ne draine pas pour autant vers les structures officielles toute la détresse des rues. Un certain nombre de sans-abri préfèrent en effet dénicher des solutions de fortune plutôt que de se présenter aux portes des dortoirs renseignés dans le réseau du Relais social. « Ceux-ci ont des règlements très rigides, affirme Denis Uvier, un travailleur social bien connu à Charleroi pour être le poil à gratter des services sociaux. Les personnes sous l’influence de stupéfiants sont souvent exclues des structures. En marge s’y développe également une violence que certains souhaitent éviter en restant dans leurs coins ou en se débrouillant seuls ou en petits groupes. C’est la solution des squats. » Dans le centre de Charleroi, Denis Uvier en connaît une série. Régulièrement, il va de l’un à l’autre pour s’enquérir des besoins de leurs occupants et tenter de parer aux inconvénients de l’inconfort qui les caractérise. « Les squats ne remplacent pas les structures officielles, affirme-t-il. Mais force est de constater que cette année plus de personnes que l’année dernière ont choisi d’y recourir. Les responsables des structures officielles, peu importe lesquelles, devraient en tenir compte et tenter d’adapter leurs modes de fonctionnement. »



