La passerelle mise en suspens
Une passerelle doit relier le quartier Saint-Léonard aux coteaux de la Citadelle. La Ville a obtenu 1,25 million d’euros de subsides mais son coût dépasse 1,8 million d’euros. Soit l’ouvrage est revu à la baisse, soit il est mis au placard.
Sur les plans qui datent de 2008 (1), la passerelle cyclo-pédestre imaginée par l’atelier d’architecture Alain Richard évoque les anciens ouvrages verticaux des charbonnages. Accessible aux PMR, la rampe serpente dans une cage aux barreaux en bois et transporte le piéton au-dessus des voies de chemin de fer de la ligne Liège-Herstal avant de le déposer au pied de la balade des coteaux, sur l’ancienne assiette du charbonnage du Baneux. Lien entre le quartier de 12.000 habitants et le poumon vert urbain, cette passerelle est censée apporter un peu d’air aux habitants dont les plus téméraires ne devront plus enjamber les voies de chemin de fer pour rallier la colline boisée.
Aujourd’hui, le projet est mis en parenthèse. La Ville dispose bien de 1,25 million d’euros octroyés par la Région – activé par l’investissement privé de 4 millions d’euros de l’habitat groupé des « Zurbains » – mais les budgets sont dépassés. « Pas loin de 50 % par rapport à ce qui était prévu, soit à présent 1,8 million d’euros. C’est trop cher !, déclare l’échevin des Travaux Roland Léonard. Nous allons déjà consacrer plus de 200.000 euros pour refaire les trottoirs et les aménagements autour de l’habitat groupé donc il ne nous reste plus qu’environ 1 million d’euros. Le Collège a demandé à l’auteur de projet de revoir sa copie pour être au plus près de l’enveloppe initiale. La Ville veut bien mettre une partie sur fonds propres mais sans que cela grève ses finances. »
Deux raisons expliquent le coût élevé de l’ouvrage. Un, l’obligation de réaliser une pente douce pour les PMR (personnes à mobilité réduite) sur un espace réduit avec une déclivité élevée. Deux, la prévision d’un raccordement aux voies de chemin de fer si, d’aventure, la SNCB remet un jour en service l’arrêt Vivegnis dans le cadre d’un hypothétique REL (réseau express liégeois). « Nous ne transigerons sur l’accessibilité aux PMR, déclare Roland Léonard et nous espérons avoir un projet amendé au plus vite de manière à l’inclure dans le budget 2013 ».
Quant à l’habitat groupé des Zurbains – 28 logements en chantier depuis 3 ans – il devrait être terminé d’ici 4-5 mois. « Nous avons eu des discussions fructueuses avec la Ville pour la supervision des impétrants et l’alimentation électrique », explique Christian Delcourt, un des membres du projet. Les Zurbains bénéficieront de trottoirs mais les habitants devront encore attendre pour se rendre dans les coteaux en toute sécurité.
(1) www.sac-saintleonard.be


